Politique

Ce cadre du RN a son idée sur l’origine des révélations de Mediapart sur Bardella

Taupe départ. Pendant que Marine Le Pen et Jordan Bardella tentent de trouver la parade aux révélations par Mediapart d’anciens écrits antisémites attribués au président du Rassemblement national, certains cadres du mouvement s’échinent ce mardi 29 septembre à déplacer le débat sur les sources qui ont pu rencarder le journal en ligne, semblant ainsi admettre en creux leur véracité.

Parmi eux, le député Jean-Philippe Tanguy a trouvé un coupable idoine : les brebis galeuses évincées par Marine Le Pen à son arrivée, en 2011, à la tête du Front national, un parti, rappelons-le, fondé par une guirlande d’anciens collaborateurs nazis ou membres des Waffen SS, et toujours parcouru d’influences nauséabondes.

Interrogé dans la matinale de LCI sur les personnes qui pourraient être derrière ces révélations, l’élu de la Somme a donc visé, « de toute évidence », « la racaille antisémite qui a été purgée courageusement par Marine Le Pen au début de son mandat de présidente du FN ». « Je la connais bien, on avait à peu près la même malheureusement à Debout la République avec Nicolas Dupont-Aignan », a ajouté ce proche de Marine Le Pen, expliquant avoir à ce moment-là lui-même « foutu dehors » les « militants soraliens qui essayaient d’infiltrer des partis politiques ».

« Marine Le Pen les a combattus farouchement »

Dispose-t-il de preuves de cette origine des révélations ? « C’est mon intime conviction », a-t-il seulement répondu, en pointant ces anciens membres comme une « force politique qui malheureusement, au début des années 2010, était nombreuse, bien organisée comme les trotskistes et qui a été combattue ». « Marine Le Pen les a combattus farouchement », a-t-il encore insisté, jugeant que « ces gens nous en ont toujours voulu ».

Sur le papier, Marine Le Pen a effectivement essayé de se distancier des racines et des franges les plus radicales de l’extrême droite dès qu’elle a pris la tête du parti à la flamme. Au point d’en exclure son paternel Jean-Marie Le Pen, cofondateur et incarnation du FN, après une énième sortie antisémite. Dans les faits, de nombreux exemples récents montrent que le Rassemblement national charrie toujours les mêmes idéologies, qu’elles soient assumées ou non.

En plus des innombrables « moutons noirs » et leurs déclarations racistes ou complotistes, documentés par la presse d’élection en élection, le mouvement de Marine Le Pen et Jordan Bardella accueille toujours en son sein Caroline Parmentier par exemple. Cette députée, proche de la candidate, s’est illustrée en publiant jusqu’en 2018 des écrits racistes, homophobes ou antisémites sur son compte Facebook ou dans les pages du quotidien d’extrême droite Présent, dont elle était la rédactrice en cheffe. Comme d’autres, elle n’a visiblement pas été « purgée »… et siège donc toujours aux côtés de Jean-Philippe Tanguy.

Enfin, et c’est sans doute l’élément le plus singulier dans cette défense, le député de la Somme semble accréditer l’idée d’une taupe, ou, en tout cas, l’hypothèse d’anciens membres du RN désireux de faire tomber Jordan Bardella. Il évoque d’ailleurs les sphères « soraliennes », dont l’actuel président du RN était proche au moment de ses écrits antisémites, selon Mediapart. Si l’on suit la logique de Jean-Philippe Tanguy, ces individus ont donc divulgué leurs anciennes conversations avec l’actuel président du RN, lequel dément pourtant avec vigueur en être l’auteur. Comme si, en quelque sorte, l’élu insistait sur le doigt qui montre la lune.