« Je n’ai pas allumé de feu » : Bagayoko s’explique sur sa présence devant un lycée
Les critiques contre LFI pleuvaient déjà, mais les images les ont décuplées. Le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a été vivement critiqué pour sa présence à proximité du lycée Paul-Éluard, situé sur sa commune et bloqué par une partie des élèves le lundi 28 septembre. Alors que son parti a été accusé par le gouvernement, Sébastien Lecornu en tête, d’« instrumentaliser » le mouvement de protestation lycéen, une vidéo a encore davantage nourri les critiques contre l’édile de Seine-Saint-Denis.
Reprise par un journaliste d’Europe 1, elle montre Bally Bagayoko penché vers une poubelle en feu, dont il s’éloigne dès les premières images avant de s’approcher tout sourire de lycéens qui l’acclament et diffusent de la musique. Les réactions critiques ont afflué sur X, notamment de responsables politiques à la droite et à l’extrême droite de l’échiquier politique.
« Le rôle d’un maire n’est pas de jouer avec le feu », a cinglé Laurent Wauquiez (LR), tandis que Jean-Philippe Tanguy (RN) a dénoncé « un maire du soutient des dégradations et un incendie de poubelle ». Les propos du genre ont évidemment fait réagir Bally Bagayoko, qui s’est expliqué sur sa présence à proximité du lycée. « Contrairement aux accusations qui circulent, je n’ai évidemment ni allumé, ni encouragé de feu de poubelle », a écrit l’édile de gauche, lui aussi sur X.
Un « médiateur » qui a cherché à calmer les « tensions », selon Brut
Le message de Bally Bagayoko est accompagné d’un reportage vidéo du média en ligne Brut, qui bat nettement en brèche les images partagées par Europe 1. On y voit le maire de Saint-Denis déblayer des débris enflammés pour éviter qu’un incendie se propage ou encore accompagner les pompiers alors qu’ils interviennent, les faisant même applaudir par les lycéens.
Pour le journaliste sur place, Bally Bagayoko a eu un rôle « qu’on pourrait qualifier de médiateur », puisqu’« il est intervenu à plusieurs reprises pour calmer les lycéens dès lors qu’il y avait des tensions » et « voir à plusieurs reprises » les policiers pour éviter qu’il y ait un « affrontement ». De quoi faire dire à Brut que « les médias d’extrême-droite » ont tenté de « faire croire que Bally Bagayoko aurait participé à allumer des feux ».
Dans son message, le maire de Saint-Denis confirme avoir cherché à « éteindre » les flammes, « assurer la sécurité des jeunes présents » et « permettre une intervention rapide des pompiers ». « C’est ce que ferait tout élu de la République présent pour soutenir des jeunes mobilisés », martèle-t-il, répétant avoir poussé à ce que la colère s’exprime « pacifiquement » et s’opposant une fois de plus à « la répression massive » du mouvement lycéen.
Invité à réagir aux images du blocage sur le plateau de LCI, Bally Bagayoko a souligné l’importance de « regarder ce qui amène des lycéens à sortir et à exprimer des revendications ». Interrogé sur le point de savoir s’il « condamne » leurs actes, le maire de gauche s’est dit « attristé par rapport à la situation » mais il a répondu par la négative. « Les premiers qui doivent être condamnés, c’est celles et ceux qui n’ont jamais respecté la promesse républicaine, c’est-à-dire de mettre des moyens humains et matériels dans les établissements scolaires », a-t-il asséné.


