EXCLUSIF – Les Français ne trouvent rien à redire à l’expulsion de Xenia Fedorova
« Une grave atteinte à la liberté d’expression. » Dans le microcosme médiatique de l’empire Bolloré, l’arrêté d’expulsion de Xenia Fedorova a eu l’effet d’une petite bombe. À grand renfort de messages de certaines têtes d’affiche CNews, de communiqués des dirigeants de Canal+ et Lagardère, la chroniqueuse pro-russe a reçu le soutien de son cercle professionnel, choqué par une telle décision.
Or, selon un sondage exclusif YouGov pour Le HuffPost, il est loin d’en être de même pour les Français : 44 % d’entre eux y sont favorables, tandis que seulement 23 % y sont opposés, et 33 % n’ont pas d’opinion.
Les électeurs du RN moins favorables que le reste des Français
Dans le détail, la réponse est différente selon la proximité partisane des sondés puisque les personnes opposées à cette décision sont les plus nombreuses chez les électeurs du Rassemblement national (38 %). A contrario, ce sont du côté des sympathisants du PS que l’on retrouve le taux d’approbation le plus haut (55 %).
Le parti d’extrême droite a d’ailleurs eu du mal à se dépêtrer de la séquence, la décision visant la chroniqueuse des médias de Vincent Bolloré n’y ayant pas été accueillie favorablement chez tous ses cadres. Ainsi, quand Jean-Philippe Tanguy soutenait du bout des lèvres la mesure décidée par le gouvernement français, son collègue l’eurodéputé Thierry Mariani (réputé proche de la Russie) dénonçait une « atteinte à la liberté d’expression. »
Concrètement, Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de Russia Today (RT) France, et désormais chroniqueuse dans plusieurs médias tels que CNews et Europe 1, est accusée par la France d’être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » pour « déstabiliser l’ordre public » en France. Le gouvernement a ainsi récemment engagé une procédure visant à expulser Xenia Fedorova du territoire français, et a aussi gelé ses avoirs pour une durée de six mois.
Son recours en référé-liberté rejeté
Le tribunal administratif de Paris a par ailleurs rejeté un recours en référé-liberté de la chroniqueuse contre son expulsion. Il a souligné que Xenia Fedorova, assignée théoriquement à résidence depuis mercredi, n’a exposé « aucun besoin de sortir du territoire parisien », « sollicité aucune autorisation auprès du préfet de police » et s’est limitée « à indiquer, sans aucune précision, que l’obligation de pointage lui cause une gêne ». En conséquence, « le juge des référés a estimé que la condition d’extrême urgence ne pouvait être retenue ».
Actuellement à l’étranger, elle a indiqué sur X qu’elle ne compte revenir en France qu’en l’absence de risque d’expulsion imminente. Comme l’a indiqué son avocat à l’AFP, Xenia Fedorova « entend contester cette décision ou entreprendre toute action utile à la défense de ses intérêts ». En attendant, par la voix du porte-parole adjoint de la diplomatie russe, Alexeï Fadeïev, la Russie a estimé que cette expulsion est une « persécution politique ». Existe-t-il, alors, meilleure réaction pour la justifier ?
L’enquête a été réalisée sur 1019 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France du 3 au 5 août 2026.



