Politique

Le RN refoule Mediapart de la soirée de lancement du livre de Bardella

La soirée devait célébrer la sortie du nouveau livre de Jordan Bardella. Elle s’est transformée en incident avec la presse. Mercredi 4 novembre, à Paris, la quasi-totalité des journalistes invités au Pavillon Wagram ont quitté l’évènement après que le Rassemblement national (RN) a refusé de laisser entrer deux de leurs confrères de Mediapart et de Streetpress, selon Nicolas Massol, journaliste politique à Libération.

Peu avant 20 heures, alors que les invités commençaient à entrer dans le bâtiment, le journaliste de Mediapart, pourtant muni d’un billet nominatif, a été bloqué par les agents de sécurité. Selon un reporter de l’AFP présent sur place, l’un des membres du dispositif avait fait signe à ses collègues de ne pas le laisser passer.

Le refus a provoqué une réponse collective : presque tous ont alors quitté les lieux, à l’exception notamment de journalistes travaillant pour des médias appartenant au groupe Bolloré, également propriétaire de Fayard.

Le RN a invoqué le caractère privé de l’événement, organisé par la maison d’édition de Jordan Bardella, Fayard. « C’est une soirée privée, ils ont été signifiés qu’ils n’étaient pas accrédités », a expliqué Victor Chabert, directeur du service de presse du parti.

Quelques heures plus tard, Jordan Bardella a reposté le tweet de notre confrère de Libération auquel il a ajouté ces quelques mots : « Vu et s’en tape ».

Des tensions qui ne datent pas d’hier

L’exclusion de Mediapart n’est pas la première du genre. Fin septembre dernier, le site d’investigation avait publié des écrits de jeunesse antisémites attribués à Jordan Bardella. Le président du RN nie catégoriquement en être l’auteur et a déposé plainte pour diffamation.

Depuis ces révélations, les journalistes de Mediapart ont été pris à partie à plusieurs reprises lors d’événements du parti. Fin octobre, au congrès du RN, puis au premier meeting de campagne de Marine Le Pen à Orléans, ils avaient été chahutés par des militants et évacués par le service d’ordre du parti.

Mercredi soir, la présidente de Mediapart, Carine Fouteau, a dénoncé un nouvel épisode de cette hostilité. « En excluant ou violentant les journalistes, l’extrême droite révèle son vrai visage », a-t-elle déclaré à l’AFP, qualifiant le refus d’accès de « censure ».