La pression monte sur Édouard Philippe pour une primaire de la droite et du centre
Ira ? Ira pas ? Une partie du suspens sur la participation (ou non) d’Édouard Philippe à une primaire de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle devrait prendre fin ce dimanche 1er novembre puisque l’ex-Premier ministre est l’invité du journal de 20 heures sur TF1.
S’il exclut l’hypothèse depuis plusieurs mois, le maire du Havre voit bien la pression qui monte sur ses épaules depuis que Gabriel Attal, son principal concurrent au sein du « bloc central », a remis l’idée sur la table vendredi, lors d’un déplacement en Bretagne.
« Ceux qui feraient tout pour bloquer l’arrivée de cette primaire et de ce processus de rassemblement porteraient une très lourde responsabilité dans l’arrivée d’un deuxième tour entre La France insoumise et le Rassemblement national », a déclaré le patron de Renaissance, estimant que la primaire de l’espace social-démocrate organisée en octobre, qui a vu la consécration de Raphaël Glucksmann, est un exemple à imiter.
« Aucun candidat n’est en situation, par sa situation dans les sondages, de rassembler les autres autour de lui », juge-t-il, convaincu que « les lignes ont bougé en quelques heures seulement ». De fait, plusieurs figures jusque-là opposées à la primaire ont fini par se ranger à l’idée. C’est notamment le cas de l’ancien ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui a expliqué sur RTL que « tout ce qui permet de rassembler va dans la bonne direction ».
« Seule modalité de sélection possible »
Samedi, c’est la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé qui a remis une pièce dans la machine. Dans une interview au Parisien, elle affirme que « c’est la seule modalité de sélection possible pour avoir une candidature unique du centre et de la droite ». « Renaissance, le MoDem, Horizons, UDI, le Parti Radical, Les Républicains ou encore Nouvelle Énergie doivent définir ensemble les conditions de participation, de parrainage d’élus ou de militants et les modalités pour que les Français y prennent part », assure-t-elle.
« Il n’est pas encore trop tard », jure Aurore Bergé, fixant l’horizon de la fin de l’année 2026 pour se mettre d’accord sur l’organisation d’un tel dispositif. Reste que les différents cadres du « bloc central » divergent sur le périmètre de la primaire. Ainsi, dans une interview à La Tribune dimanche ce 1er novembre, le patron des députés MoDem Marc Fesneau exclut une participation de David Lisnard, le maire de Cannes. « Il prépare la grande alliance avec l’extrême droite, comme Sarah Knafo », accuse le proche de François Bayrou.
Désaccords sur le périmètre
En effet, David Lisnard, chouchou des médias Bolloré ces dernières semaines, a affirmé publiquement qu’il voterait pour Marine Le Pen en cas de second tour face à Jean-Luc Mélenchon. Par ailleurs, Marc Fesneau entend bien accueillir « les sociaux-démocrates » au sein de la primaire. « Une primaire uniquement de la droite et du centre nous enfermerait dans des schémas anciens », prévient-il. Ce qui ne semble pas franchement le chemin tracé par Aurore Bergé ou Gabriel Attal…
Bref, l’hypothétique primaire de la droite et du centre n’est pas née qu’elle met déjà le feu aux poudres. Parmi ceux qui se réclament de l’héritage d’Emmanuel Macron, beaucoup sont dépités en voyant les sondages, qui les excluent systématiquement d’une qualification au second tour. Seuls Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon tirent leur épingle du jeu.
La question qui se pose désormais est de savoir si Édouard Philippe va pouvoir continuer de refuser de participer à la primaire ou s’il va être obligé de céder. Baisse dans les sondages, campagne atone, concurrence de David Lisnard et Bruno Retailleau… Les voyants ne sont pas franchement au vert pour celui qui comptait être le candidat naturel de sa famille politique.
« L’affaissement est général pour la droite et le centre, évacue son porte-parole Maël de Calan auprès de La Tribune. Le rapport des forces n’a pas changé en son sein. Édouard Philippe reste le seul à garder une chance de se qualifier au second tour ». Les prochaines semaines diront s’il a raison d’être optimiste.


