Politique

Raphaël Glucksmann accusé de fuir les débats télévisés de la primaire du PS

L’organisation de la primaire du PS et de Place publique vire au casse-tête. Après un bras de fer tout l’été sur le prix à payer pour y participer, finalement fixé à 15 euros, c’est autour des débats télévisés que ses promoteurs s’écharpent. D’un côté, le camp Raphaël Glucksmann s’en tient à un unique débat chapeauté par France Télévisions. De l’autre, Ségolène Royal, Olivier Faure, Jérôme Guedj et Philippe Brun défendent la tenue de trois soirées sur trois chaînes différentes.

« Le service public demande l’exclusivité des débats de notre primaire. Quand on est de gauche, on débat sur le service public. Surtout par les temps qui courent, où il est menacé de toutes parts. Nous répondons donc favorablement à l’invitation de France 2, début octobre », explique le sénateur PS Alexandre Ouizille, directeur de la communication de la campagne de Raphaël Glucksmann, auprès de L’Opinion.

« Coup de force »

Mais pour ses concurrents, il s’agit d’un faux argument. Et pour cause : le patron de Place publique a officialisé sa candidature sur le plateau du « 20 heures » de… TF1. Trois mois plus tôt, c’était déjà sur cette chaîne qu’il affirmait se laisser du temps pour prendre sa décision. Derrière la volonté d’offrir l’exclusivité des débats à France Télévisions se cacherait, selon ses adversaires, une volonté d’esquiver les débats par crainte d’apparaître en difficulté, car au centre des tirs croisés de ses challengers. Auréolé de son statut de favori, l’eurodéputé a, effectivement, beaucoup à y perdre.

« C’est un coup de force du camp Glucksmann », dénonce Luc Carvounas, membre de la campagne de Ségolène Royal, dans Libération. Il assure que l’ex-finaliste de la présidentielle 2007 « souhaite plusieurs débats » et qu’elle ira « partout où on l’invite ». Un avis partagé par les autres candidats, dont Philippe Brun qui s’est fendu d’un communiqué courroucé mardi soir.

Le député de l’Eure dit avoir appris « avec consternation » que Raphaël Glucksmann exigeait la tenue d’un seul débat. « De quoi a-t-il peur ? Comment peut-on prétendre battre Marine Le Pen et avoir peur de débattre avec des socialistes ? », regrette cet ancien proche d’Arnaud Montebourg qui annonce, lui, qu’il « participera aux trois débats ». « Nos électeurs ont besoin de candidats capables d’aller au combat ». Auprès du HuffPost, Philippe Brun révèle avoir demandé qu’un des débats porte spécifiquement sur la question du pouvoir d’achat, lui qui en a fait un marqueur important de sa campagne.

Un comité de liaison la semaine prochaine

Un argument repris par l’entourage d’Olivier Faure, qui affirme dans L’Opinion que « Glucksmann ou pas, il y aura trois débats d’ici au premier tour ». « On laissera sa chaise vide s’il décide de ne pas participer », confie-t-on. « Un premier comité d’organisation de la primaire doit avoir lieu la semaine prochaine avec des représentants du PS, de Place publique et des candidats. C’est dans ce cénacle que ça doit se décider », défend Luc Carvounas.

Un autre candidat, Jérôme Guedj, se dit prêt à aller à tous les débats auxquels il sera invité. « Je ne peux pas imaginer que Raphaël Glucksmann s’enferme dans son refus. Il faut qu’il y ait le plus de débats possibles. Si certains préfèrent ne pas le faire, tant pis pour eux », charge-t-il ce mercredi sur LCI. Dans le camp de l’eurodéputé, on réfute toute volonté d’esquiver la confrontation.

« Ces questions-là se règlent dans le cadre de l’organisation de la primaire, pas sur X », regrette auprès du HuffPost un soutien du patron de Place Publique, qui ajoute : « Ces histoires où Raphaël aurait peur de débattre, ça n’existe pas. Il faut d’abord que ces sujets-là se tranchent collectivement ». En outre, la politique de la chaise vide est rarement payante. Beaucoup se souviennent que lors de la campagne des municipales à Paris, Rachida Dati avait refusé l’ensemble des débats de premier tour. Cela ne lui avait pas particulièrement réussi.