Ce qu’il faut savoir des campagnes de vaccination contre la grippe et le Covid-19 qui débutent ce mardi
C’est parti pour se protéger. Les campagnes de vaccination contre la grippe et le Covid-19 débutent ce mardi 13 octobre dans l’Hexagone, en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, après avoir été lancées en mai à La Réunion et en septembre à Mayotte.
Enjeu principal : lutter contre les formes graves de ces infections respiratoires et limiter l’impact de ces épidémies sur l’hôpital. Chaque campagne présente toutefois des subtilités, Le HuffPost a donc compilé les informations essentielles.
· Qui est concerné ?
Pour la grippe comme pour le Covid-19, la vaccination est recommandée pour toutes les personnes risquant de développer une forme grave de la maladie, à commencer par les personnes de plus de 65 ans. Mais, souligne l’Assurance maladie, cela concerne également les personnes enceintes, celles atteintes de « certaines affections chroniques » (maladies respiratoires, cardiaques, neurologiques, musculaires ou rénales, diabète, maladie auto-immune, VIH, cancer…), ou séjournant dans un établissement de santé, notamment.
« La vaccination contre la grippe peut être également proposée aux enfants sans comorbidité (sans problème de santé chronique) âgés de 2 à 17 ans révolus », souligne l’Assurance maladie.
Les deux vaccins peuvent être réalisés le même jour, un sur chaque bras. « Si les deux vaccins ne sont pas administrés au même moment, il n’y a pas de délai à respecter entre les deux vaccinations. » Pour le Covid-19, une dose de rappel est recommandée au printemps pour les personnes de plus de 80 ans, immunodéprimées ou résidant en Ehpad.
· Qui peut vacciner ?
Vous pouvez recevoir l’injection des deux vaccins chez votre médecin traitant ou en pharmacie, mais aussi auprès d’un ou d’une infirmière et d’un ou d’une sage-femme. À noter que l’ensemble de ces professionnels de santé sont désormais habilités à prescrire le vaccin : le passage chez le médecin n’est donc pas obligatoire.
· Quelle est la prise en charge ?
Le vaccin contre la grippe « est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie pour les personnes à risques ». Si c’est votre cas, vous avez normalement déjà reçu par courrier votre bon de prise en charge. Pour les enfants de 2 à 17 ans, la prise en charge est de 65 %.
En ce qui concerne le Covid-19, le vaccin est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie pour tout le monde. À noter que, pour chacun des deux vaccins, l’injection en elle-même n’est pas toujours prise en charge en totalité et un reste à charge peut s’appliquer.
· La grippe sera-t-elle virulente cette année ?
Vous avez peut-être vu passer des articles de presse alarmistes sur un retour de la grippe particulièrement précoce aux États-Unis. Mais impossible d’en prédire pour autant les tendances de l’épidémie en France à partir des observations à l’étranger, souligne auprès du HuffPost la docteure Sibylle Bernard-Stoecklin, épidémiologiste à Santé publique France.
« Dans une même zone géographique, l’épidémie peut-être différente. Par exemple, elle a eu cet hiver un impact modéré sur l’hôpital en Australie à ce stade, contrairement à la Nouvelle-Zélande où elle est particulièrement intense cette année », illustre celle qui scrute les bulletins épidémiologiques publiés aux quatre coins du monde pour « avoir une compréhension de ce qui se passe » sur le front de la grippe saisonnière.
Dans son premier bulletin hivernal publié mercredi 7 octobre, Santé publique France souligne que l’épidémie n’a pas encore pointé le bout de son nez dans l’Hexagone. Certes, « une circulation atypique de virus grippaux » avait bien été détectée « en août et début septembre », mais le taux de positivité est retombé à un niveau classique pour un début d’automne. « Mais il est important de se faire vacciner sans tarder !, plaide Sibylle Bernard-Stoecklin. L’épidémie peut arriver tôt, il faut donc que les personnes à risques soient protégées le moment venu. »
· Que sait-on de l’épidémie de Covid-19 ?
Pour ce qui concerne le Covid-19, Santé publique France a constaté « une augmentation de la circulation » du virus depuis la fin du mois août, « mais à des niveaux inférieurs à ceux de l’année dernière à la même période ». Le nombre de passages aux urgences pour des suspicions de Covid-19 est largement inférieur à celui enregistré aux cours des trois derniers automnes, comme le montre ce graphique publié par Santé publique France mardi 8 octobre :
Face à l’arrivée des premiers dès la fin août depuis quelques années, plusieurs voix se sont élevées pour demander d’anticiper la campagne de vaccination. La ministre de la Santé Stéphanie Rist envisage toutefois de l’avancer l’année prochaine, a relaté franceinfo.
· Quels sont les bons réflexes ?
Au-delà de la vaccination, « il ne faut pas oublier les gestes barrières et reprendre les bons réflexes dès à présent », insiste Sibylle Bernard-Stoecklin. Port du masque en cas de symptômes, lavage régulier des mains, utilisation de mouchoirs à usage unique, aération régulière des locaux… : « Ces mesures sont très efficaces pour protéger notre entourage fragile contre l’ensemble des virus respiratoires », souligne l’épidémiologiste.



