Santé

Le « gros coup de boost » des dons de moelle osseuse après l’appel des parents du petit Elio

Une excellente nouvelle pour tous les malades en attente d’une greffe de moelle osseuse. En mars dernier, Juliette Poggioli et Thomas Papavoine lançaient un appel sur les réseaux sociaux : leur fils Elio, 4 ans, était atteint d’une forme rare de leucémie et avait besoin d’une greffe de moelle osseuse pour espérer guérir.

Dans un post Instagram, les parents du petit garçon incitaient les personnes touchées par leur histoire à s’inscrire sur le registre des dons pour espérer trouver un donneur compatible. « La personne compatible peut être n’importe qui. Peut-être vous. Peut-être quelqu’un qui verra ce message », écrivait Thomas Papavoine.

Depuis, leur histoire a fait son chemin. Partagé et relayé des milliers de fois, leur appel à la solidarité est même parvenu jusqu’au sommet de l’État, puisqu’Emmanuel Macron a lui aussi encouragé à s’inscrire sur le registre des donneurs de moelle osseuse. « Mobilisons-nous pour Elio et pour tous ceux qui sont dans l’attente d’une greffe », exhortait le président de la République.

Explosion des nouvelles inscriptions

Cette mobilisation hors norme a payé, et à plus d’un titre. D’abord parce qu’Elio a depuis trouvé un donneur compatible et reçu en juin dernier la greffe qui l’aidera à vaincre la leucémie. Mais aussi parce que cet appel a suscité une vague de nouveaux dons qui va pouvoir aider bien d’autres malades. Interrogée par France Inter et Le Parisien, l’Agence de biomédecine a confirmé que 51 000 nouvelles personnes s’étaient inscrites depuis le début de l’année sur la liste des donneurs de moelle osseuse.

« C’est bien plus que l’année dernière ou que les années précédentes. À titre de comparaison, en 2025 nous avions totalisé près de 35 000 nouveaux inscrits », a déclaré l’institution, qui concède que l’appel aux dons des parents d’Elio a constitué « un gros coup de boost », même si les campagnes d’information réalisées toute l’année ont aussi joué un rôle dans cette vague d’inscriptions. Selon France Inter, certains des nouveaux inscrits ont déjà été appelés pour effectuer un don de moelle osseuse.

Une compatibilité rare

Selon l’Agence de biomédecine, 2 300 personnes attendent chaque année en France un don de moelle osseuse de la part d’un donneur compatible, en grande majorité pour guérir d’une grave pathologie du sang, dont la leucémie.

Dans 80 % des cas, le don de moelle osseuse s’effectue par prélèvement sanguin. Si vous avez entre 18 et 35 ans inclus, et que vous êtes en bonne santé, vous pouvez vous préinscrire sur le registre des donneurs en vous rendant sur le site dondemoelleosseuse.fr. Il suffit de renseigner quelques informations sur soi (âge, sexe, adresse…) et de remplir un questionnaire de santé.

À la fin de l’inscription, deux options sont possibles. D’abord faire, sur rendez-vous, un prélèvement sanguin et un entretien médical dans un des sites de l’Établissement français du sang (EFS). Mais dans 70 % des cas, un simple prélèvement salivaire est nécessaire pour établir une « carte d’identité biologique ». Ce kit est adressé à domicile par voie postale.

Comme le rappelle l’Agence de la biomédecine, les profils d’hommes sont particulièrement recherchés, d’autant qu’ils ne représentent que 36 % des inscrits actuels, car les cellules de leur moelle osseuse sont dépourvues des anticorps que développent les femmes à chaque grossesse et le greffon permet ainsi d’être « mieux toléré ». Les personnes jeunes sont aussi très recherchées : leurs greffons sont plus riches en cellules souches hématopoïétiques, qui favorisent le succès de la greffe. Enfin, le registre manque de profils d’origines diversifiées afin d’améliorer les chances de greffe de tous les patients.