Cette édition épique de la Route du Rhum 2026 se solde par un record de temps
Il était seul en tête de flotte depuis plusieurs jours. Tom Laperche (SVR Lazartigue) a franchi la ligne d’arrivée de la Route du Rhum en Martinique en un temps record samedi soir. Le skipper de 29 ans est arrivé à 22h31 locales, soit 3h34 dimanche à Paris, après 6 jours 13 heures et 27 minutes en mer. Il bat ainsi de 6 heures et 19 minutes le précédent chrono de référence établi par Charles Caudrelier en 2022.
« C’est une victoire énorme, c’est ma course de rêve, quand j’ai commencé la voile s’il y avait une chose que je voulais gagner, c’était la Route du Rhum en multicoque et j’ai accompli ce rêve », a lâché sur les pontons Laperche, les yeux brillants d’émotion. « Sur cette course, j’ai parfois réussi à basculer dans une forme d’état de grâce : dès que je prenais une décision, c’était la bonne. Tu te réveilles au moment exact où arrive la risée, tu es en connexion totale avec ton bateau, la météo, la fatigue, ton environnement », a-t-il poursuivi, qualifiant d’« absolument extraordinaires à vivre » ces instants.
Surdoué de la voile ayant passé une bonne partie de son enfance sur le voilier familial, Laperche n’avait encore jamais pris le départ de la célèbre transatlantique en solitaire, qui fêtait sa 13e édition cette année. Il partait favori à la barre du SVR Lazartigue, bateau conçu dans l’écurie du marin charentais François Gabart, son mentor pendant très longtemps.
Mis à l’eau en 2021, le grand trimaran bleu était considéré comme l’Ultim le mieux préparé de la flotte au départ du Rhum, avec le Banque Populaire d’Armel Le Cléac’h. C’est d’ailleurs le chavirage de ce dernier lors du premiers tiers de la traversée, alors qu’il naviguait aux trousses de Laperche, qui a changé la donne. Tom Laperche a d’ailleurs bénéficié d’une bonification d’une heure et deux minutes pour s’être temporairement dérouté vers Le Cléac’h, qui avait déclenché sa balise de détresse.
Une situation météo exceptionnelle (dans le mauvais sens du terme)
Depuis le départ de la course, plusieurs avaries et abandons se sont enchaînés. « La situation météo n’est vraiment pas commune », a reconnu le directeur de la course Francis Le Goff. « Il y a moins de 14 % d’abandons pour le moment sur cette édition. On a déjà eu des éditions où on frôlait les 30 % », a-t-il cependant nuancé. Hier soir encore, à quelques heures de la victoire de Tom Laperche, plusieurs skippers se sont déroutés pour porter assistance à Benoît Sineau (Ekinox-Rhétorès), qui a déclenché sa balise de détresse.
Thomas Coville (Sodebo) et Louis Burton (Armand Thiery), les premiers poursuivants de Laperche, devraient compléter le podium dans la journée de dimanche à Pointe-à-Pitre. Mais derrière les cadors de la catégorie Ultim, la bagarre continue pour les skippers des autres classes. Plus d’une centaine de bateaux sont attendus jusqu’au 3 décembre à Point-à-Pitre.


