Politique

La proposition de grande primaire de Bayrou ne connaît pas le succès escompté

Des réactions sans équivoque. Après sa proposition d’une grande primaire allant des socialistes à la droite gaulliste pour désigner un candidat unique à la présidentielle 2027, l’ex-Premier ministre centriste François Bayrou fait face à plusieurs refus.

« Ce que ne comprend pas F. Bayrou, c’est que les Français ne veulent pas prolonger son “bloc central”, réaliser une alternance “entre soi”, mais une alternative ! », a écrit Olivier Faure sur le réseau social X lundi 10 août. « Celle que je défends est celle d’un bloc social et écologique », a ajouté le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS).

Le patron du PS est rejoint par plusieurs députés de son groupe. « Ça n’a aucune chance d’exister », assenait déjà Arthur Delaporte, député du Calvados et porte-parole du parti, auprès de franceinfo lundi. « Il y a un autre risque que notre pays ne doit pas prendre non plus, celui de retrouver l’extrême immobilisme, dont François Bayrou est l’un des plus ardents défenseurs », a appuyé le député PS de l’Eure Philippe Brun dans les colonnes de Libération.

La proposition ne séduit pas non plus à droite. Invité de franceinfo lundi, le secrétaire général des Républicains Othman Nasrou a rejeté l’idée. « On ne négocie pas l’avenir du pays dans les arrière-boutiques avec des accords d’appareils, parce que les Français aujourd’hui veulent une vraie rupture », a-t-il estimé. Le parti Horizons a, lui, fait savoir qu’il n’y aurait toujours pas de primaire pour son candidat Édouard Philippe.

Une primaire contre le « risque » Mélenchon-Le Pen en 2027

Dans les pages du Figaro dimanche, François Bayrou avait défendu l’idée d’une grande primaire de « tous ceux qui rejettent les extrêmes », à savoir une compétition entre les candidats potentiels « du Parti socialiste, dans sa version sociale-démocrate, jusqu’aux gaullistes ».

Pour le patron du MoDem, « le risque maximum, c’est un deuxième tour entre l’extrême droite et l’extrême gauche » et cette « catastrophe » se produira « si nous ne portons pas au deuxième tour un candidat capable de rassembler tous les démocrates réformistes », avait-il ensuite fait savoir dans le quotidien national, craignant un second tour Mélenchon-Le Pen au printemps prochain.

Olivier Faure, qui défendait, lui, une primaire ouverte de la gauche allant du PS aux Écologistes et aux anciens Insoumis ayant rompu avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, a été mis en minorité début juillet par les militants socialistes, qui ont préféré une primaire fermée, réservée aux seuls adhérents du parti et des « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », comme Place publique de Raphaël Glucksmann.

Cette primaire doit avoir lieu en octobre. Les modalités doivent être validées lors d’un conseil national du PS le 25 août.