Culture

George Clooney a profité de la Mostra de Venise pour dire ce qu’il pense de Trump

Il n’a jamais eu peur de clamer haut et fort ses engagements politiques. L’acteur et réalisateur George Clooney a déclaré ce mercredi 2 septembre que les États-Unis allaient surmonter la période « malheureuse » de leur histoire qu’ils traversent actuellement sous l’administration Trump.

« Il existe un très bon mot, kakistocratie, qui désigne un pays dirigé par les personnes les moins qualifiées. Je pense que nous vivons peut-être dans une kakistocratie en ce moment, mais nous nous en remettrons », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse précédant la soirée d’ouverture de la Mostra de Venise, qui se tenait ce mercredi soir et au cours de laquelle il a reçu Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière.

« Je crois vraiment que nous vivons un moment malheureux. Je pense que c’est un euphémisme », a déclaré l’acteur et réalisateur, rendu célèbre par la série « Urgences » et qui s’est déjà exprimé par le passé contre l’administration Trump.

« Un étranger n’est jamais si étranger que ça »

George Clooney a remis une couche sur scène quelques heures plus tard, lors de son discours pour la remise de son Lion d’or. « Nous vivons une époque où ceux qui sont au pouvoir et ceux qui ont le plus d’argent nous disent d’avoir peur les uns des autres. Mais nous savons bien que ce n’est pas vrai, n’est-ce pas ? », a-t-il déclaré.

« Les premiers que les régimes autoritaires cherchent à faire taire, ce ne sont pas les responsables politiques. Ce sont les journalistes qui posent des questions, les artistes qui refusent les réponses simples, les cinéastes, les écrivains, les acteurs et les musiciens qui affirment qu’une personne que vous n’avez jamais rencontrée mérite votre empathie », a-t-il poursuivi, affirmant que « ceux qui ont peur des livres, de la musique et des articles de presse n’ont jamais été les héros de l’histoire ».

George Clooney a ajouté : « Alors oui, les films n’arrêtent pas les guerres, ils ne font pas baisser l’inflation, ils ne changent pas les élections. Mais ils font quelque chose de remarquable. Ils nous rappellent qu’un étranger n’est jamais si étranger que ça, et qu’il pourrait bien être le héros dans l’histoire de quelqu’un d’autre. Et si nous pouvons encore nous asseoir ensemble dans le noir et nous soucier de gens que nous n’avons jamais rencontrés, je pense que tout ira bien. »

Un sentiment de « honte »

Face à la presse quelques heures plus tôt, la mégastar hollywoodienne avait déjà dit éprouver un sentiment de « honte » vis-à-vis du gouvernement américain. Mais, se disant optimiste, George Clooney estimait que les élections de mi-mandat en novembre aux États-Unis pourraient offrir un « contre-pouvoir » et qu’« en 2028, avec un peu de chance, nous retrouverons une certaine normalité ».

L’acteur de 65 ans a également cité un message publié cette semaine sur le réseau social X par le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth, semblant se moquer de l’apparence physique d’une militaire canadienne en surpoids remettant une médaille lors d’un camp de jeunes. « Où est le sens de la décence là-dedans ? Et j’ai honte de tout cela, mais nous surmonterons cela », a déclaré George Clooney.

George Clooney a toujours pleinement assumé son engagement auprès du camp démocrate. Proche de Barack Obama, il s’était distingué lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2024 en écrivant une tribune très relayée appelant son « ami » Joe Biden à se retirer de la campagne.

Cela lui vaut en retour des attaques fréquentes de Donald Trump. Fin 2025, quand George Clooney avait obtenu la nationalité française pour venir s’installer avec sa famille dans l’Hexagone, le président américain avait raillé l’acteur qui « s’est fait plus connaître par la politique que par ses rares films, totalement médiocres ».