Ce film à tout petit budget qui explose le box-office en Chine sort enfin en France
Il n’y a pas que L’Odyssée, Spider-man et De Gaulle qui font des étincelles au box-office de l’été. Les spectateurs français vont pouvoir découvrir ce mercredi 2 septembre dans les salles obscures le « petit » film chinois qui fait trembler les gros blockbusters. Lettres d’amour de ma grand-mère a déjà rapporté beaucoup, mais alors beaucoup plus que ce qu’il a coûté, et ce, avant d’être sorti vraiment partout.
Comme le rapporte le South China Morning Post, Lettres d’amour de ma grand-mère a coûté à peu près 14 millions de yuan, soit un peu moins de 1,8 million d’euros. Il a déjà rapporté à date environ 258 millions d’euros. Un chiffre qui devrait encore grimper puisque le long-métrage débarque cette semaine non seulement dans les salles obscures françaises, mais aussi aux États-Unis et au Canada. D’après le classement établi par le site spécialisé Mojo, le film est actuellement au 3e rang du box-office depuis le début de l’année en Chine et est l’un des films les mieux notés par les spectateurs depuis 10 ans sur les plateformes chinoises.
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Lettres d’amour de ma grand-mère suit le destin de Hiou-ui, un jeune homme qui décide de partir sur les traces d’un grand-père qu’il ne connaît pas. Ce dernier permet depuis des décennies, à sa grand-mère Ye Sogriu de subsister grâce aux « qiaopis » – des lettres-mandats très courantes au début du siècle et aujourd’hui inscrites à la Mémoire du monde de l’Unesco- qu’il lui envoie depuis la Thaïlande. Il découvre que l’histoire que sa famille pense connaître est bien différente de la réalité.
Les critiques du film
Si le succès phénoménal du film de Lan Hongchun est une « surprise », c’est pour plusieurs raisons. La première est qu’il n’a pas été tourné en mandarin, mais en langue teochew, un dialecte moins courant en Chine, mais encore parlé par une importante diaspora dans le reste de l’Asie, mais aussi en Europe et en Amérique du Nord. La seconde, est qu’il n’y a au casting aucune star du cinéma chinois. Le réalisateur a choisi de faire confiance à des acteurs non-professionnels ou à des comédiens encore inconnus du grand public pour donner vie à ses personnages.
Les critiques de Lettres d’amour de ma grand-mère sont pour la plupart positives. Le Guardian évoque par exemple un « film très doux et transgénérationnel qui se savoure comme un vieux roman », le Point souligne l’intelligence d’un « récit construit autour des lettres-mandats (qui) permettent, grâce au souvenir encore vif dans le pays de ce dispositif, de donner à un récit sans demi-teinte et populaire, une assise bien réelle ». Screen Daily estime de son côté que « la construction narrative qui manque un peu de grâce est largement compensée par son authenticité, son originalité et sa perspective unique. »
Comme le rapportent plusieurs médias et notamment Think China, le film doit également son succès à son aspect très conversationnel et intergénérationnel. Il a par ailleurs déclenché de nombreux débats au sein de la communauté chinoise à travers le monde sur la notion « d’identité culturelle » et l’importance des traditions transmises par les générations qui ont choisi de quitter le pays à leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.


