« Une dinguerie » : Le Pen prise de court par les révélations de Mediapart sur Bardella
Les écrits restent. Les racines aussi ? La candidate du Rassemblement national à la présidentielle a été contrainte de réagir rapidement aux révélations de Mediapart, qui exhume, ce lundi 28 septembre, des écrits antisémites attribués à son dauphin Jordan Bardella et datés de 2013. Signe de l’extrême sensibilité du sujet, Marine Le Pen a été directement interrogée par la presse alors qu’elle était en déplacement au salon des professionnels de la construction à Paris.
« Ça me paraît tellement dingue que ça ne peut être qu’un faux, qu’une barbouzerie dont Mediapart a le secret », a-t-elle d’abord réagi, laissant entendre qu’elle découvrait l’existence de ces messages, et de l’enquête du site d’investigations. Pourtant, Jordan Bardella est informé du travail des journalistes depuis samedi 26 septembre, au moins, date à laquelle ils lui ont envoyé un mail pour recueillir ses explications. En l’occurrence, son démenti.
« Je n’ai même pas besoin d’en parler avec Jordan Bardella. Ce n’est pas que ce n’est pas un sujet, c’est que c’est une dinguerie », a encore insisté la députée du Pas-de-Calais quelques minutes plus tard, semblant prise de court par de tels événements.
« Je ne sais même pas de quoi on parle. Je suis absolument convaincue qu’une action en diffamation va être introduite dans les minutes qui ont suivi cette folie pure », a-t-elle ajouté, multipliant les coups contre Mediapart, mais sans s’appesantir sur le fond ou les révélations.
Bardella va porter plainte
L’enquête, menée sur plusieurs mois, s’appuie notamment sur des conversations privées, que le média d’investigation affirme avoir pu authentifier, et qui auraient été écrites par Jordan Bardella à l’été 2013, alors âgé de 17 et 18 ans, et militant du Front national. Ces conversations retranscrivent plusieurs propos antisémites.
Parmi les écrits, l’actuel président du RN aurait envoyé : « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur ». « Et c’est ce qu’ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale », aurait-il ajouté, en ciblant plusieurs personnalités comme Jacques Attali ou Bernard Henri Levy.
Dans d’autres messages retranscrits par Mediapart, il cible directement des personnalités, comme Pierre Moscovici, alors ministre de l’Économie de François Hollande, qui voudrait « sauver les entreprises » pour « venger Moïse ». « Les ministères les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts français », écrirait-il encore. Il afficherait également son soutien à Dieudonné, l’humoriste déjà condamné à l’époque pour provocation à la haine, qui « mène un vrai combat d’idée ».
Comme Marine Le Pen, Jordan Bardella dénonce « une barbouzerie » et des « faux grossiers. » « Je conteste formellement les accusations portées à mon endroit par Mediapart, me prêtant des propos délirants et antisémites », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. RTL affirme ce lundi soir que l’eurodéputé, destiné à s’installer à Matignon en cas de victoire de l’extrême droite à la présidentielle, va porter plainte pour « diffamation. »



