LFI et les Écologistes s’écharpent sur les sénatoriales et cela dit beaucoup pour 2027
Pour la première fois, un membre de La France insoumise va rejoindre le Sénat, avec l’élection de Gabriel Amard dans le Rhône à la surprise générale. Mais c’est pourtant la défaite d’une autre candidate insoumise, Martha Peciña, qui a davantage fait parler ce dimanche 27 septembre. Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a ainsi accusé les Écologistes d’avoir empêché son élection, sur fond de désunion entre les listes de gauche.
« Il aura donc manqué 3 voix à Martha Peciña pour être élue au Sénat », a déploré sur X le cadre insoumis à propos de sa candidate dans la circonscription des Français de l’étranger. Et le député des Bouches-du-Rhône de s’en prendre au « refus des Écologistes d’une liste commune EELV/LFI » qui « fait donc perdre un siège à la gauche au détriment de la droite ».
Dans un communiqué publié plus tard dans la soirée, La France insoumise a persisté en dénonçant les « combinaisons de la direction des Écologistes », qui a selon eux « mobilisé toutes ses ressources pour barrer la route » de Martha Peciña.
Un rapport à la vérité « qui ne s’arrange pas »
Les insoumis nourrissaient des espoirs chez les Français de l’étranger, représentés par douze sénateurs, dont six sont renouvelés cette année. Mais Insoumis et Écologistes n’ont pas réussi à conclure un accord, se renvoyant la responsabilité de l’échec des tractations.
Répondant à un tweet du député LFI Paul Vannier reprenant les accusations de Manuel Bompard, les Écologistes ont répliqué sèchement sur X, affirmant avoir proposé à LFI la « troisième place sur la liste d’union de la gauche ».
« Il n’y a eu aucune campagne anti-LFI de notre tête de liste. En revanche le cyberharcèlement que vous continuez de mener contre elle est lui bien avéré », a écrit le parti, dénonçant un rapport à la vérité « qui ne s’arrange pas » de la part du député du Val-d’Oise.
« La réalité est qu’une dizaine de grands électeurs écologistes ont voté pour la liste LFI. Et malgré cela, il lui manque encore 3 voix pour avoir une élue. Si notre proposition de liste périmètre NFP avait été acceptée par LFI, il y aurait une sénatrice insoumise élue ce soir », a de son côté rejeté David Cormand, eurodéputé écologiste et ancien secrétaire général du parti.
La semaine dernière déjà, le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon s’en était pris sur X à la sénatrice écologiste Mélanie Vogel, accusée de mener une « ardente campagne » contre la candidate LFI des Français de l’étranger. « Pour la seconde fois, le parti de Marine Tondelier s’est accordé avec le PS pour refuser tout accord, même partiel, avec les Insoumis, pour empêcher notre mouvement d’avoir le moindre élu au Sénat », s’était-il insurgé.
Le cas d’un autre sénateur « apparenté LFI »
Le cas de Martha Peciña n’est pas le seul à avoir agité les cadres insoumis et écologistes ce dimanche soir. Après Gabriel Amard, La France insoumise a revendiqué la victoire d’un deuxième sénateur dans un communiqué, celle du divers gauche Marc Péré, à la tête d’une liste LFI-EELV-Générations en Haute-Garonne. « Apparenté LFI » selon la direction du parti, celui-ci siégera dans l’intergroupe parlementaire rassemblant députés, sénateurs et députés européens mélenchonistes.
Les Écologistes ont également revendiqué sa victoire sur les réseaux sociaux, affirmant que Marc Féré allait rejoindre le groupe écologiste au Sénat.
Jusque-là, tout semble réglé. Mais c’était avant la prise de parole de Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris suspendu à titre conservatoire du parti en raison de son soutien à Raphaël Glucksmann. Il a affirmé ce dimanche soir que ni Gabriel Amard ni Marc Féré ne rejoindraient pas le groupe des Écologistes au Sénat. « Tout le monde au sein du groupe écologiste perçoit le risque d’avoir des insoumis revendiqués, donc ça n’arrivera pas », a-t-il déclaré lors d’un point presse ce dimanche soir.
Mais est-ce lui qui décide ? Rien n’est moins sûr, alors qu’une réunion devrait avoir lieu ce mardi matin, selon BFMTV. Ces tensions montrent en tout cas les divergences qui traversent les Écologistes sur leurs rapports avec La France insoumise, notamment en vue de l’élection présidentielle de 2027, alors que Marine Tondelier a été maintenue candidate par son parti au moins jusqu’en décembre prochain.
Les Écologistes sont tiraillés sur leur stratégie : une candidature autonome de Marine Tondelier, qui ne décolle pas dans les sondages, un soutien à un candidat social-démocrate ou un ralliement à Jean-Luc Mélenchon. Les partisans de cette dernière option donnent de plus en plus de la voix, à l’instar de la députée Sandrine Rousseau. Cette dernière a confié dans La Tribune dimanche qu’elle pensait être « la prochaine » à être écartée par la direction des verts, après Yannick Jadot.



