Politique

Malgré la pression, Édouard Philippe refuse toujours la primaire

C’est (encore) non. Édouard Philippe ne change pas de cap. Invité du 20 heures de TF1 ce dimanche 1er novembre, l’ancien Premier ministre a réaffirmé son opposition à une primaire pour désigner un candidat commun de la droite et du centre pour la Présidentielle de 2027.

« C’est une primaire de la division et de la confusion », a dénoncé le maire du Havre, estimant que « cette primaire n’aura pas lieu ». « Tout ça n’a pas beaucoup de sens », a-t-il ajouté.

Une réponse directe à Gabriel Attal, qui avait proposé mercredi dernier, sur ce même plateau, l’organisation d’une grande « primaire des démocrates ». L’objectif de l’ancien Premier ministre à l’initiative était de rassembler les différentes forces du centre et de la droite derrière une seule candidature, afin d’éviter la dispersion des voix au premier tour de la présidentielle.

L’idée avait déjà été fraîchement accueillie au sein d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe. « Ce n’est pas ce “en même temps” aussi cafouilleux que hasardeux qui permettra d’éviter » un duel LFI-RN, avait dénoncé Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons à l’Assemblée nationale.

« Pas les signaux envoyés pour inverser la tendance lourde »

Plutôt que de se soumettre à une primaire, Édouard Philippe entend défendre son projet directement devant les électeurs. « Nous sommes début novembre, le premier tour est le 18 avril », a-t-il rappelé, affirmant vouloir profiter de la campagne pour expliquer aux Français son programme.

Quant à la possibilité d’un rassemblement des candidatures, il a relégué la question à plus tard. « Au mois de février, chacun prendra ses responsabilités », a-t-il déclaré, avant d’ajouter « je prendrais les miennes ».

Longtemps favori du centre et de la droite pour 2027, Édouard Philippe apparaît désormais dans certains sondages derrière Jean-Luc Mélenchon, au coude-à-coude avec Raphaël Glucksmann et loin derrière Marine Le Pen.

De quoi alimenter les appels à une primaire dans son propre camp. « Je ne vois pas les signaux envoyés pour inverser la tendance lourde », s’inquiétait cette semaine un élu du bloc central favorable à cette élection interne. « Édouard (Philippe) a commencé à se mettre sur le toboggan, mais je ne suis pas sûr qu’il le sente », expliquait-il encore.

La proposition de Gabriel Attal continue par ailleurs de diviser dans son propre camp. Dans les colonnes du Parisien, la ministre Aurore Bergé a plaidé samedi pour un rassemblement allant de Renaissance aux Républicains, en passant par Horizons, le MoDem et Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard.