Politique

Dénonçant des « calomnies racistes », Mélenchon annule sa venue au JT de TF1 lundi soir

Ce sera sans lui. Jean-Luc Mélenchon ne sera finalement pas sur le plateau du 20 heures de TF1 ce lundi 2 novembre. Le leader de La France insoumise a annoncé dimanche soir qu’il renonçait à une interview après avoir regardé celle d’Édouard Philippe, diffusée quelques minutes plus tôt. En cause, les propos de l’ancien Premier ministre sur les jeunes « issus de l’immigration » et la manière dont Anne-Claire Coudray a mené l’entretien.

« Anne-Claire Coudray reprend à son compte les calomnies racistes d’Édouard Philippe. Lequel déroule son discours dégoûtant sans être interrompu. Lundi, je n’irai pas au 20 heures de cette chaîne », a déclaré Jean-Luc Mélenchon sur son compte X.

Si l’annulation est rendue publique, sa venue au JT ne l’était pas : ni LFI ni TF1 n’avaient communiqué sur sa participation à une telle interview. Un proche du candidat avait cependant affirmé à l’AFP qu’une grande interview était prévue cette semaine, avant le meeting de La France insoumise de samedi prochain.

Une interview jugée trop complaisante

À l’origine de sa colère, une séquence de l’interview accordée par Édouard Philippe à Anne-Claire Coudray. Le maire du Havre était interrogé sur ses déclarations après les débordements en marge des manifestations du 17 octobre dernier : il avait alors jugé « patente » la « surreprésentation de jeunes issus de l’immigration ». Il y voyait le signe d’un « échec de l’intégration » en France depuis plusieurs décennies.

« Quelle conclusion avez-vous tirée de ce constat ? », lui a demandé la journaliste. L’ancien Premier ministre a alors maintenu son analyse. « Dans les images que nous avons vues des pillages, il y avait de fait un certain nombre et un nombre important de jeunes Français, sans doute, que je considère comme des Français, issus de l’immigration. Ce qui traduit un sujet qu’on doit regarder les yeux dans les yeux », a-t-il déclaré.

Mélenchon reproche à la journaliste de ne pas avoir contesté ses propos. Une réaction qui a alors déclenché une passe d’armes avec Edouard Philippe sur X.

Une passe d’armes sur les réseaux sociaux

Au premier tweet de Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe a d’abord répondu en l’accusant de contribuer aux tensions qui traversent le pays. « Monsieur Mélenchon, vous portez, avec Madame Le Pen, une responsabilité immense dans la violence qui se répand en France », a-t-il écrit. « Pour vous, les pilleurs, d’où qu’ils viennent, étrangers ou français, sont des modèles d’intégration et les casseurs d’extrême-gauche des victimes de la police », a-t-il poursuivi, avant de reprocher au leader insoumis de vouloir « censurer tout le monde et fracturer le pays ».

La réplique de Jean-Luc Mélenchon n’a pas tardé. Dans un nouveau message sur X, il a dressé un réquisitoire contre le bilan de l’ancien Premier ministre. « Vous avez ruiné le pays, martyrisé les Gilets jaunes, détruit l’école, et maintenant vous divisez le pays en mettant en cause l’éducation des jeunes Français parce qu’ils sont “issus de l’immigration” ». Pour lui, Édouard Philippe agit par calcul politique. « Vous le faites par clientélisme racialiste », lui a-t-il lancé avant de l’inviter à se rendre à Trappes pour constater les « conséquences de l’ambiance que vous créez ».

D’autres responsables politiques se sont joints à l’échange. Le député RN Julien Odoul a dénoncé la « haine du débat démocratique » de Jean-Luc Mélenchon, allant jusqu’à évoquer une « névrose totalitaire ». Du côté de LFI, la députée Danièle Obono a rappelé qu’Édouard Philippe avait pris des nouvelles de la rédaction de Valeurs Actuelles après la publication d’un article raciste la représentant en esclave, estimant alors qu’elle subissait un « lynchage ».