Politique

« Quand il veut, où il veut » : Philippe veut un débat avec Mélenchon sur le racisme

Disponible pour une joute. Le candidat Horizons à la présidentielle Édouard Philippe, pointé du doigt par la gauche et une partie de son camp pour avoir fait un lien entre immigration et pillages en marge des manifestations récentes, a invité ce mercredi 4 novembre le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon à débattre de « racisme » et « d’antisémitisme ».

« Si Jean-Luc Mélenchon a envie d’un débat pour discuter de ces sujets, je suis son homme. Quand il veut, où il veut, » a-t-il lancé à Zuydcoote, dans le Nord, sur le littoral français, où il était venu évoquer la lutte contre l’émigration clandestine vers le Royaume-Uni.

Dans un entretien accordé au Point, Édouard Philippe avait jugé la semaine dernière « patente » la « surreprésentation » de jeunes issus de l’immigration lors des pillages de magasins le week-end du 17 octobre, des propos réitérés sur TF1, sans attendre les éventuels comptes rendus ou analyses des faits. Jean-Luc Mélenchon l’a accusé de « ne pas croire » à ce qu’il dit, mais de parler ainsi « par clientélisme racialiste ».

Philippe dénonce une « police de la pensée »

Le candidat centriste, en perte de vitesse dans les sondages et largement critiqué pour sa sortie, a déploré « une espèce de police de la pensée imposée par l’extrême gauche, par Jean-Luc Mélenchon », qu’il a accusé d’être « le premier à utiliser les codes de l’antisémitisme, (…) à remettre en cause l’universalisme républicain ». Oubliant au passage que son analyse des scènes de pillages et de violences du 17 octobre est contestée au sein même de l’espace jadis appelé « macroniste », avec des voix qui déplorent une logique de « stigmatisation. »

Qu’importent ces critiques, et l’embarras de certains chez Horizons, Édouard Philippe persiste et signe. « Il y a un problème d’intégration dans notre pays, et on n’aurait pas le droit de le dire ? Mais qui pense que l’intégration fonctionne bien en France ? », a ainsi questionné le premier chef de gouvernement d’Emmanuel Macron, sans s’attarder toutefois sur le lien précis (et non établi) qu’il a pu faire entre les « Français issus de l’immigration » et les pillages.

« On est extrêmement attentifs à lutter contre toutes les formes de racisme et toutes les formes d’antisémitisme, d’où qu’elles viennent, de l’extrême droite ou de l’extrême gauche », a-t-il encore assuré au cours de son déplacement, martelant que « tous les Français font partie de la communauté nationale, d’où qu’ils viennent ».

Quant à la proposition adressée à Jean-Luc Mélenchon, elle risque de rester lettre morte. Contacté par Le Parisien, l’entourage du candidat insoumis réplique : « Le racisme n’est pas un sujet de débat. »