Politique

« Responsable du climat raciste » : Le RN au centre des critiques après l’attentat à Trappes

Une autre tempête. Au lendemain des tirs meurtriers à Trappes, dans les Yvelines, qualifiés d’« attentat terroriste raciste » par le président de la République, l’extrême droite en général, et le Rassemblement national en particulier, sont pointés du doigt pour leurs responsabilités dans le débat public. Nombreux dirigeants politiques et syndicaux accusent le parti de Marine Le Pen de créer et d’encourager un climat raciste et islamophobe dans le pays.

Dans ce contexte, plusieurs milliers de personnes (entre 11 000 et 26 000 selon les sources) se sont rassemblées à Orléans ce samedi 24 octobre, avant de défiler dans le calme, pour protester contre le congrès du parti organisé dans la préfecture du Loiret. L’attaque de vendredi, quand un individu soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à des personnes issues de l’immigration a tué un homme noir de nationalité française, et fait cinq blessés, dont une fillette « toujours en urgence absolue », était dans tous les esprits.

« C’est le énième attentat raciste, xénophobe, qui vient dire de manière claire que désormais nous devons agir et, agir, c’est bien sûr être aujourd’hui nombreux » à Orléans, a par exemple déclaré le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko, présent parmi les manifestants. Comme lui, le premier secrétaire du PS Olivier Faure, la numéro 1 de la CGT Sophie Binet, mais également le maire de Trappes Ali Rabeh, ont fait le déplacement.

« Climat délétère, raciste, xénophobe »

« Il y a la République et il y a les racistes en face de nous », a notamment déclaré l’édile (Générations) de la commune aujourd’hui meurtrie, en ciblant directement les deux dirigeants du Rassemblement national : « Quand Jordan Bardella et Marine Le Pen disent que Trappes, c’est Kaboul, c’est une république islamiste, eh bien oui, on peut avoir un type à côté de Trappes qui se dit que c’est son rôle de faire la guerre à une république islamiste ». La veille, Ali Rabeh avait déjà appelé à un exercice de « lucidité collective » sur les discours « criminels » et racistes qui peuvent « armer idéologiquement » ceux qui passent à l’acte.

Dans le même esprit, le chef des socialistes a dénoncé ce samedi la rhétorique historique du parti nationaliste « qui stigmatise les Français musulmans ». « Il n’y a pas de responsabilité directe du RN dans les actes de ce terroriste, mais chacun se souvient des paroles qu’ils ont pu prononcer sur Trappes, en expliquant que c’était une petite France transformée en nouvelle terre d’islam », a ainsi rappelé Olivier Faure depuis le cortège, accusant l’extrême droite d’être « responsable » du « climat délétère, raciste, xénophobe depuis très longtemps. »

« Cette violence ne vient pas de nulle part, abondait de son côté la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, elle vient de discours qui véhiculent le racisme, l’antisémitisme. Et ces discours ce sont essentiellement des discours d’extrême droite. »

Selon les informations du Monde, publiées ce samedi, l’homme qui a ouvert le feu sur plusieurs personnes à Trappes s’est félicité auprès des policiers qui l’ont interpellé d’avoir « vengé les commerçants » (dont les magasins ont été vandalisés et pillés le 17 octobre) en s’en prenant « aux Noirs et aux Arabes. » Il aurait, toujours selon le quotidien, qui évoque les premières investigations des enquêteurs, « exclusivement visé des personnes qui n’étaient pas de couleur blanche. »

Les dirigeants du Rassemblement national ont rapidement condamné sur leurs réseaux sociaux un « ignoble attentat, d’une gravité exceptionnelle » (Jordan Bardella), « aggravé par le mobile abject du racisme » (Marine Le Pen). Sans, pour l’heure, le début d’un quelconque examen de conscience, de la part d’une formation politique qui vient de réélire triomphalement son président accusé d’antisémitisme.