Politique

Lecornu confie aux députés la mission de plancher sur le remplacement de Parcoursup

Pour remplacer Parcoursup, Sébastien Lecornu compte sur les parlementaires. Le Premier ministre a dit, ce mercredi 28 octobre, attendre « des propositions et des engagements précis » des différentes forces politiques, en ouverture d’un débat sans vote à l’Assemblée nationale sur le sujet.

Le débat avait été sollicité par le chef du gouvernement lundi 26 octobre, sur le thème précis de « l’avenir du processus d’orientation et d’affectation des lycéens dans l’enseignement supérieur ».

« Ce débat (…) doit permettre d’identifier une voie de passage au Parlement. S’il faut une loi, sur quelles règles pouvons-nous réunir une majorité ? Pour quelle évolution de l’orientation et de l’accès au supérieur ? », a introduit Sébastien Lecornu. Et d’exiger : « Nous venons chercher des propositions et des engagements précis. Pas des slogans ou des promesses sans fondement sérieux ».

Pour le Premier ministre, « ce chantier exige une clarification politique ». « Derrière les critiques de l’outil Parcoursup, certains veulent pour l’accès aux études supérieures universitaires une sélection plus affirmée, d’autres veulent au contraire la supprimer intégralement », a-t-il souligné.

« Il faut maintenant rentrer dans le détail »

« On peut en effet dénoncer ensemble un système et vouloir ensuite deux systèmes profondément opposés. Il faut maintenant rentrer dans le détail », a encore souhaité Sébastien Lecornu. « Pour le gouvernement, les exigences doivent être connues et les décisions explicables », a-t-il insisté.

« Qu’attendez-vous du système d’enseignement supérieur français ? Quel rôle voulez-vous lui confier ? Quels critères d’admission proposez-vous ? Quelle place pour le baccalauréat et le contrôle continu ? Comment répondre lorsque les demandes dépassent les places disponibles ? Comment accompagner ensuite les étudiants vers la réussite, y compris professionnelle ? », a-t-il ensuite interrogé.

« Vous venez chercher auprès de nous la solution à un problème que vous avez créé, à six mois de votre départ en sachant très bien que vous ne le réglerez pas », a rétorqué la députée communiste Soumya Bourouaha.

Deux visions de l’accès à l’enseignement supérieur

Dans l’hémicycle, deux visions de l’accès à l’enseignement supérieur se sont ensuite opposées, la gauche plaidant pour davantage de places, quand la droite a revendiqué une sélection mieux assumée.

Il faut « un droit d’accès au premier cycle pour tout bachelier, avec une priorité dans son académie », a lancé le député écologiste Jean-Claude Raux, dénonçant une « pénurie organisée ».

Parcoursup « ne crée pas le problème, il le révèle », a estimé, de son côté, le député MoDem Frantz Gumbs. « Nous avons massifié les candidats, mais nous n’avons pas massifié l’accueil », a-t-il résumé, plaidant pour une meilleure application des heures d’orientation prévues au lycée et pour un accompagnement accru des professeurs principaux.

À droite, le débat a davantage porté sur l’acceptation du principe même de la sélection. Pour Philippe Fait (Horizons), la question n’est pas tant celle de la plateforme que celle de la « méritocratie républicaine ». « La sélection, on peut toujours la supprimer à l’entrée. Elle vous reviendra (…) un peu plus tard, mais plus brutale et plus injuste », a-t-il averti.