Transport

Les premières pistes des enquêteurs pour expliquer l’accident de car dans l’Ain

Comment expliquer ce qui s’est passé sur la D22, le vendredi 6 novembre au petit matin ? Les enquêteurs sont à pied d’œuvre au lendemain de l’accident de car qui a fait deux morts dans l’Ain, dont une fillette de 7 ans. Le véhicule, affrété par la région Auvergne-Rhône-Alpes, transportait 49 personnes dont 23 mineurs lorsqu’il a fait une sortie de route vers 7h30, au niveau de la petite commune de Lent.

L’enfant de 7 ans tuée à bord, de nationalité bosnienne, voyageait avec sa maman et sa petite sœur, rapporte France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Une information confirmée par l’AFP qui précise que l’autre victime décédée est « un étudiant de 18 ans de Lyon ». S’ajoutent « 4 personnes hospitalisées en urgence absolue, dont deux avec un pronostic vital encore engagé » et 25 blessés plus légers, a fait savoir la procureure de la République de Bourg-en-Bresse, Karine Malara.

Lors de son point presse vendredi, que vous pouvez réécouter ci-dessous, la magistrate a également évoqué les premières pistes des enquêteurs, mentionnant le fait que le chauffeur âgé de 26 ans a indiqué qu’il « se serait assoupi ». « Les premiers témoignages confirment l’assoupissement », a-t-elle ajouté.

L’homme dit s’être « réveillé » de « l’autre côté de la chaussée »

Le vingtenaire, blessé aux jambes et qui a dû être désencastré du véhicule, a été hospitalisé sous le régime de la garde à vue. Il est « choqué mais en capacité d’être entendu » et « conscient de la situation, notamment du fait qu’il y ait eu des décès », a déclaré la colonelle Aurélie Dey, commandante de la section de recherche de Lyon.

Le chauffeur a affirmé que « lorsqu’il s’est réveillé, il s’est retrouvé de l’autre côté de la chaussée et a percuté plusieurs arbres qui bordaient cette chaussée, avant de s’immobiliser dans le ravin », a relaté la procureure Karine Malara, qui a ouvert une enquête pour homicide routier, confiée aux gendarmes. L’homme avait dix-huit mois d’expérience et venait d’être embauché en CDI, précise Le Parisien.

« Il nous a raconté s’être levé très tôt le matin pour faire une première tournée avant de prendre la route sur l’itinéraire Lyon-Bourg-en-Bresse », a rapporté la magistrate, selon qui il serait parti vers 5h30 du matin de la capitale des Gaules. « On va vérifier les horaires exacts », a-t-elle ajouté alors que, selon Le Parisien, le patron du chauffeur devrait « rapidement » être auditionné, notamment pour recouper ses déclarations.

Des tests négatifs à l’alcool ou aux stupéfiants

Aucune trace d’alcoolémie ou de stupéfiants n’a été relevée et le conducteur avait été testé négatif lors d’un contrôle inopiné mi-octobre, a fait savoir le ministre des Transports, Philippe Tabarot, qui s’est rendu sur place. Le chauffeur s’est en outre défendu d’avoir roulé trop vite lors de son premier interrogatoire, indiquant qu’il utilisait un régulateur de vitesse fixé à 70 km/h, le seuil maximal sur cette portion accidentogène.

Selon le ministre, le véhicule accidenté était « en très bon état » et l’entreprise de transport a été contrôlée 106 fois depuis 2024. De son côté, le maire et président de l’agglomération de Bourg-en-Bresse, Jean-François Débat, a assuré que la route était « bien entretenue », mais avec « un dévers, un léger virage sur la droite ». Côté météo, Le Parisien précise que « le temps était humide » mais sans brouillard, « contrairement à d’habitude en cette saison ».