Economia

Duralex a trouvé un repreneur, qui avait déjà sauvé cette marque toute aussi connue des Français

« C’est gagné ! Nous sommes les nouveaux propriétaires de Duralex », s’est félicité Cédric Meston après la décision du tribunal de commerce d’Orléans, ce mercredi 14 octobre, sur le départage des candidats à la reprise de la célèbre verrerie du Loiret. L’entrepreneur reprend Duralex via sa holding Tomé, après avoir déjà acquis Tupperware France en 2025.

Le trentenaire, ancien consultant du cabinet de conseil McKinsey, est spécialiste dans le rachat d’entreprises en difficulté, comme le retrace Le Figaro. Cédric Mouston avait notamment réussi à sortir Tupperware France de sa procédure de sauvegarde après avoir repris l’entreprise fin 2025. Il est aussi le cofondateur de la start-up HappyVore, qui propose dans le commerce des substituts végétaux à la viande.

« C’est une vraie responsabilité, on fera tout pour être à la hauteur et que la société soit pérenne », a souligné l’entrepreneur au sujet de Duralex. L’entreprise, renommée pour ses verres réputés incassables, était plongée dans l’incertitude depuis son placement en redressement judiciaire le 1er juin, pour la cinquième fois en une vingtaine d’années.

Moins de deux ans après sa reprise par les salariés réunis en coopérative, qui s’est soldée par un échec, Duralex veut croire dans ce nouveau plan de relance. « On va voir comment ça va se passer. On attend de voir la suite, on ne veut pas se faire de faux espoirs », a réagi Philippe Dos Anjos, 24 ans d’ancienneté, technicien de maintenance.

155 emplois repris

155 emplois sont repris sur le site historique de La Chapelle-Saint-Mesmin avec cette décision, soit plus de 70 % des emplois en CDI, avec un plan de financement de 16 millions d’euros, dont six millions d’euros de soutiens publics avec des prêts des collectivités locales et des financements de l’État.

Cédric Meston envisage un redimensionnement de la production au niveau des ventes et un repositionnement vers de nouvelles gammes, « pour mieux répondre aux nouvelles attentes des consommateurs ». Le milliardaire Xavier Niel (actionnaire individuel du groupe Le Monde, dont fait partie Le HuffPost, ndlr), via sa holding NJJ Capital, est aussi associé au projet de reprise.

Silham El Kasmi devient par ailleurs la nouvelle directrice générale de Duralex, après avoir passé 23 ans chez Saint-Gobain puis chez Saur. La décarbonation du site, où la consommation d’énergie pèse aujourd’hui près de 20 % du chiffre d’affaires de Duralex, est également « une des priorités ».

Le plan de la holding Tomé, qui veut faire de Duralex « le verre le plus vert au monde », prévoit la conversion du four, qui fonctionne au gaz, vers une technologie 100 % électrique à l’horizon 2029. Il supprimera l’essentiel des émissions de CO2 du site.

La fin du projet de coopérative

Deux projets avaient été présentés au tribunal de commerce qui a annoncé sa décision à 14 heures ce mercredi, deux jours seulement après la dernière audience. Une autre offre de reprise, déposée par l’industriel stéphanois Carlesimo et d’un niveau financier équivalent, proposait de reprendre 129 salariés.

Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a salué dans un message transmis à l’AFP « une nouvelle page de l’histoire de cette entreprise emblématique de notre savoir-faire industriel ». « Je serai également attentif à l’accompagnement des salariés qui ne seront pas conservés, pour favoriser leur retour à l’emploi », a ajouté le ministre délégué, qui se rendra à l’usine vendredi.

La décision du tribunal de commerce marque aussi la fin du projet de coopérative. Très populaire, la marque avait récolté sept millions d’euros auprès des particuliers, dans le cadre d’une levée de fonds organisée fin 2025, une somme qui n’aura pas permis d’assurer sa pérennité.

Parallèlement, la société fait l’objet d’une enquête du parquet d’Orléans qui n’a pas précisé les chefs retenus. Des « opérations judiciaires » ont été menées le 3 septembre, notamment « des perquisitions », dont certaines au siège de la verrerie à La Chapelle-Saint-Mesmin, en banlieue d’Orléans, avait annoncé à l’AFP la procureure d’Orléans Emmanuelle Bochenek-Puren.

L’ancien directeur général de la verrerie, François Marciano, figure emblématique de la reprise en Société coopérative et participative (Scop), ainsi que son fils Antoine qu’il avait nommé directeur financier, pourraient en particulier être visés par la procédure. Leur avocat, Me Pierre Lalanne, a affirmé que ses clients « démentent toute implication dans d’éventuelles malversations ».