Politique

En quoi consiste la « nouvelle unité cyber », réponse de Lecornu aux piratages en série

Face à la multiplication des cyberattaques visant les administrations françaises, Sébastien Lecornu demande à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) de mettre sur pied une « nouvelle unité cyber » pour offrir une « réponse opérationnelle plus réactive » en cas d’attaque grave contre les systèmes informatiques de l’État. Une demande formulée mercredi 19 août, quelques jours après la révélation du vol massif de données à la Direction générale des finances publiques (DGFIP).

« Il y a urgence à concevoir et conduire sans délai une réponse opérationnelle plus réactive et plus forte aux cyberattaques que l’État rencontre actuellement. Il faut reprendre l’initiative sur le terrain », écrit le Premier ministre dans un courrier adressé au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, dont les services chapeautent l’ANSSI.

Le dispositif doit prendre la forme d’une « équipe de contact » composée d’agents de l’ANSSI. Ces derniers seraient chargés d’intervenir « en première ligne » lorsqu’il existe une suspicion d’atteinte grave à l’intégrité du système d’information de l’État, selon le courrier dont l’AFP a obtenu copie.

Une proposition d’organisation de cette unité attendue vendredi

Le gouvernement n’a, à ce stade, pas détaillé les effectifs de cette équipe ni les moyens techniques dont elle disposera. Selon les informations du Figaro, elle pourra être « renforcée ponctuellement par des agents des équipes des services spécialisés du ministère des Armées et du ministère de l’Intérieur, compétents en matière de cybersécurité », avec la possibilité d’y inclure également des réservistes.

L’objectif de cette nouvelle unité est aussi de raccourcir les délais de traitement de ces menaces. Les agents de cette nouvelle task force seront donc, selon Le Figaro, présents « à demeure » aux côtés des équipes du ministère ciblé par une intrusion, afin de les aider à gérer la crise.

Son fonctionnement doit encore être défini. Sébastien Lecornu a demandé au SGDSN de lui présenter, d’ici vendredi, une « proposition d’organisation et de règle d’engagement » de cette nouvelle unité. C’est donc ce document qui doit préciser son organisation et les conditions dans lesquelles elle pourra intervenir.

Le Premier ministre reconnaît et déplore qu’en termes de cybersécurité, « peu de ministères sont au niveau requis » en France. « Ce n’est pas acceptable », ajoute-t-il. Semblant prendre la mesure de l’importance du sujet Sébastien Lecornu exigera désormais que cette unité lui adresse « systématiquement une analyse après action afin de tirer les enseignements de ces attaques ».