Politique

La famille Deranque dénonce une conférence du député Raphaël Arnault, finalement interdite

Suspension de dernière minute. La conférence du député LFI Raphaël Arnault, prévue vendredi à Villeurbanne, a finalement été interdite par le préfet du Rhône, jeudi 5 novembre. Les rassemblements aux abords du lieu de la réunion sont également interdits, a précisé la préfecture, après des appels à la mobilisation lancés par des groupuscules d’ultradroite.

« Cette mesure a pour objectif de prévenir les risques de troubles à l’ordre public et notamment les affrontements entre des groupuscules radicaux qui revendiquent l’usage de la violence », a expliqué la préfecture.

Cette interdiction intervient alors que la famille de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale battu à mort à Lyon en février, avait vivement critiqué la tenue de cette conférence. Plusieurs proches de Raphaël Arnault, dont un attaché parlementaire, sont en effet mis en examen dans cette affaire. Raphaël Arnault lui-même a par ailleurs été entendu fin octobre dans les locaux de la sous-direction antiterroriste (Sdat) en audition libre, dans le cadre de l’enquête.

Par la voix de son avocat, la famille avait ainsi déclaré « regretter que la dignité et la décence n’aient pas conduit M. Arnault(…) à tenir sa réunion publique hors de l’agglomération où le crime qui coûta la vie à Quentin fut perpétré ».

Une conférence déjà annulée à Lyon jeudi, et reportée

Initialement programmé ce jeudi à Lyon, jour de grève et de manifestations intersyndicales, cet évènement qui devait permettre au député LFI de présenter de son livre « Antifasciste » avait été annulé par la mairie de secteur dont dépendait la salle de conférence, pour des raisons de « sécurité ». Il avait ensuite été reprogrammé par les organisateurs pour le vendredi et à Villeurbanne.

Selon l’arrêté préfectoral daté de jeudi, la préfecture a préalablement demandé au maire de Villeurbanne d’interdire la conférence. L’élu socialiste n’ayant pas donné suite, le préfet s’est substitué au maire.

Deux rassemblements étaient par ailleurs annoncés à proximité du lieu prévu de la conférence, l’un déclaré, hors délai, par la figure d’extrême droite Yvan Benedetti, l’autre par un groupuscule d’ultradroite sur les réseaux sociaux.

L’avocate du député veut contester la décision du préfet

L’avocate Chirinne Ardakani, représentante de Raphaël Arnault a fait part de son intention de contester la décision du préfet en référé devant le tribunal administratif, dénonçant une « interdiction gravement illégale et attentatoire à la liberté constitutionnellement garantie d’expression et de réunion ».

De son côté, la préfecture, qui craignait vendredi une « riposte » de l’ultragauche aux rassemblements annoncés à l’extérieur, estime dans son arrêté que « l’événement projeté reproduit la configuration — réunion publique en présence d’un élu de La France insoumise et mobilisation hostile de l’ultradroite à ses abords — dans laquelle sont survenus les faits du 12 février 2026 ».

La mort de Quentin Deranque a « durablement exacerbé, dans l’agglomération lyonnaise, l’antagonisme violent, ancien et documenté, entre ces deux mouvances » d’ultradroite et ultragauche, souligne encore l’arrêté.