Santé

Ce slogan emblématique des années 2000 revient pour combattre une idée reçue tenace

Si vous avez grandi dans les années 2000, vous l’avez probablement encore en tête. « Les antibiotiques, c’est pas automatique », le slogan de l’Assurance maladie qui avait marqué les esprits en 2002, fait son grand retour. Avec une petite modification, il devient désormais « Les antibiotiques, c’est vraiment pas automatique ».

Cette nouvelle campagne, lancée ce vendredi 6 novembre à l’approche de l’hiver, poursuit un objectif bien précis : rappeler que les antibiotiques ne sont pas efficaces contre toutes les maladies, et surtout pas contre les infections virales comme le rhume ou la grippe. L’Assurance maladie rappelle que la France est « l’un des pays les plus consommateurs d’antibiotiques en Europe ».

Ce message qui pourrait sembler évident pour certains est pourtant bien loin d’être assimilé. Selon un sondage Ipsos/BVA réalisé en septembre dernier pour l’Assurance maladie auprès de 1 000 adultes, près d’un Français sur deux pense que les antibiotiques permettent de soigner la grippe et quatre sur dix les pensent efficaces contre le rhume : or ces médicaments sont conçus pour lutter contre les bactéries, et non contre les virus.

Plus d’un Français sur 10 partage ses antibiotiques avec ses proches

Ces idées reçues ne sont pas sans conséquences. D’après cette même enquête, 18 % des personnes interrogées reconnaissent avoir déjà pris des antibiotiques qu’elles possédaient chez elles sans consulter un médecin, et 11 % déclarent en avoir partagé avec un proche.

Au-delà des effets secondaires possibles, le risque est surtout collectif puisqu’à force d’être exposées aux antibiotiques, certaines bactéries développent des résistances qui rendent les traitements moins efficaces à long terme. « Lorsqu’on prend un antibiotique, ça tue toutes les bactéries sensibles », explique le docteur Marie-Anne Bouldouyre, au nom des centres régionaux en antibiothérapie. Les bactéries résistantes, elles, peuvent survivre et se multiplier. La prise d’antibiotiques peut également perturber le microbiote, notamment intestinal.

L’antibiorésistance constitue une menace majeure pour la santé publique. En France, entre 5 500 et 12 500 décès par an sont attribués à des bactéries résistantes. « L’Antibiorésistance impacte toute la médecine moderne car si on ne peut plus traiter la moindre infection, on ne peut plus faire de chirurgie lourde, de chimiothérapie, de transplantation… », a souligné le docteur Bouldouyre.

D’où l’importance des réflexes rappelés par cette campagne de l’Assurance maladie : ne prendre des antibiotiques que sur ordonnance, respecter les doses et la durée prescrites, ne jamais réutiliser les restes d’un ancien traitement, et ne jamais les partager.