Politique

Le préfet de police de Paris reconnaît une « maladresse » dans ce conseil aux commerçants avant le 24 octobre

Alors que manifestants, policiers et commerçants riverains se préparent à une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère ce samedi 24 octobre, la préfecture de police de Paris a livré une recommandation qui a en a surpris plus d’un.

Dans un courrier adressé aux maires d’arrondissements, Patrice Faure, le préfet de Police a invité les commerçants à renforcer la sécurité de leurs établissements en faisant notamment appel à des agents privés.

Selon ce document, dont franceinfo rapporte le contenu, le Préfet de Police prévient qu’un « dispositif de maintien de l’ordre renforcé sera déployé » mais qu’il « ne peut toutefois garantir à lui seul la protection de chaque établissement ».

Patrice Faure recommande donc aux commerçants de faire appel à « des agents de sécurité privée », de vérifier leurs systèmes d’alarme et de vidéoprotection, mais aussi de « baisser les rideaux métalliques, de protéger les vitrines, de rentrer les terrasses ». Il invite aussi à « adapter » les horaires d’ouverture, quitte à « avancer la fermeture, voire de ne pas ouvrir pendant la durée de la manifestation et la soirée qui suit ».

Après les pillages et dégradations du 17 octobre dernier en marge des manifestations, certains commerçants envisagent de s’armer pour protéger leurs boutiques. Selon une enquête de 20 Minutes, plusieurs armureries, notamment à Paris, Lyon et Bordeaux, ont constaté une forte hausse des ventes d’armes de défense. « On a véritablement eu une explosion de la demande depuis samedi », témoigne un armurier parisien auprès du quotidien.

« Forcément une fake news ? »

Les réactions de tous bords politiques n’ont pas tardé. « Forcément une fake news ? », s’interroge alors aussitôt le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, sur son compte X. « Une faillite de plus » face à un « État impuissant à garantir la “sûreté” » des citoyens pour François Ruffin, député « Debout ! » candidat à la présidentielle.

Une recommandation pour « ouvrir un marché de la sécurité privée », affirme le député Insoumis Hadrien Clouet pour qui cette communication n’est autre qu’une « révélation scandaleuse ».

« Toujours la même injustice : les premières victimes seront les plus modestes, qui ne peuvent se payer ces protections ». Pour le président de l’Association des maires de France (AMF), David Lisnard, l’effort demandé aux commerçants est « inacceptable ». « Les commerçants paient les réparations, paient des impôts pour que l’État assure leur sécurité, et devraient payer une troisième fois pour une sécurité privée ».

Face aux réactions suscitées par ces consignes chez les commerçants, le préfet de police a reconnu une communication « peut-être maladroite », tout en rappelant que leur protection relevait bien de l’État. « Nous ne nous déroberons pas de nos responsabilités ».

« Les mesures de précaution et dissuasion recommandées aux commerçants viennent en complément de cette action, sans s’y substituer », a précisé Patrice Faure assurant au passage les commerçants de « tout son soutien ».