Politique

Mis en cause par LFI, BFMTV « n’accepte pas d’être la cible de pressions »

Des « accusations sans fondement ». BFMTV s’est défendue après les critiques de Jean-Luc Mélenchon et du député insoumis Louis Boyard, pour qui la chaîne laisse prospérer des propos « racistes » sur son antenne, notamment en invitant la figure d’extrême droite Éric Zemmour (Reconquête).

« Eh vous, BFM, commencez à vous calmer sur les remarques racistes de toute sorte, parce que ça commence à bien faire », a déclaré le leader de LFI et candidat à la présidentielle, samedi 24 octobre, lors de la manifestation à Paris. « Allez faire du racisme à la télé et foutez-nous la paix ! », a-t-il ensuite lancé en réponse à un journaliste du média qui l’interrogeait sur les réponses à apporter au mouvement lycéen.

Invité en plateau dimanche 25 octobre, le député du Val-de-Marne Louis Boyard a poursuivi sur la même ligne, en déplorant « des propos racistes qui ont été tenus par le multicondamné Zemmour » à l’antenne, au lendemain des manifestations du 17 octobre entachées par des violences dans plusieurs villes.

« Vous avez des responsables politiques qui tiennent des propos racistes au quotidien, mais vous avez aussi des médias qui donnent une image des quartiers populaires qui est tellement injuste », a-t-il poursuivi. « Et parce qu’on déshumanise ces habitants des quartiers populaires, ça favorise le passage à l’acte de ces militants d’extrême droite », a soutenu le député, deux jours après un attentat raciste dans les Yvelines qui a fait un mort et cinq blessés.

« Une campagne de dénigrement publique »

Dans la foulée, la chaîne a répliqué en publiant sur X un communiqué. BFMTV « n’accepte pas d’être la cible de pressions, ni d’être instrumentalisée à des fins politiques ou de déstabilisation », peut-on notamment y lire.

Le média « dénonce les accusations sans fondement proférées depuis 48 heures contre son antenne et ses journalistes, victimes d’une campagne de dénigrement publique notamment autour de Sonia Mabrouk ». BMFTV « s’attachera toujours à faire vivre le pluralisme sur son antenne et à permettre à tous les courants politiques de s’exprimer », réaffirme la chaîne.

« Le racisme décomplexé, qui a désormais place nette sur notre antenne, a des conséquences directes et irrémédiables sur notre société », ont de leur côté estimé dimanche soir les syndicats SNJ et CGT de RMC-BFM, établissant un lien avec l’agression d’équipes de tournage lors des manifestations du week-end.

En septembre, LFI avait boycotté les émissions de BFMTV avant de dire que les membres du parti se rendraient à nouveau sur ses plateaux, sauf à l’émission « 100 % Mabrouk », animée par l’ancienne journaliste d’Europe 1/CNews, pour protester contre « une dérive de la ligne éditoriale vers l’extrême droite ».