Pionnière de la lutte contre le sida, l’ancienne ministre Michèle Barzach est morte
Ancienne ministre de la Santé et ex-présidente d’Unicef France, Michèle Barzach, qui fit partie du gouvernement de Jacques Chirac entre 1986 et 1988, est décédée ce lundi 26 octobre à l’âge de 83 ans « des suites d’un AVC », a annoncé sa fille Tatiana Renard-Barzach à l’AFP.
Comme ministre, Michèle Barzach avait notamment lancé les premières politiques publiques de lutte contre le sida, faisant voter une loi autorisant la publicité pour le préservatif, jusqu’alors interdite.
Gynécologue de formation, Michèle Barzach était née en 1943 à Casablanca, dans une famille juive.
Dans les années 1980, elle devient déléguée nationale aux affaires sociales au sein du Rassemblement pour la République (RPR), le parti de droite créé par Jacques Chirac, avant d’entrer au gouvernement et d’y représenter une nouvelle génération de responsables politiques. C’est lors de ces années qu’elle est confrontée à l’épidémie de VIH et doit gérer celle-ci.
Engagée avec Médecins du monde et l’Unicef
Après son parcours au gouvernement, Michèle Barzach est élue députée de Paris en 1988, puis devient adjointe au maire de la capitale, Jacques Chirac, jusqu’en 1995.
Mais cette rénovatrice, qui fut par ailleurs brièvement députée européenne, s’est aussi créé de notoires inimitiés au sein de son mouvement, en accusant Charles Pasqua, l’homme fort du RPR, de représenter « une dérive droitière ». Avec d’autres, elle démissionne du parti en 1990. En 1996, elle signe, avec notamment Simone Veil, un manifeste pour la parité en politique avant de se retirer de la vie politique.
Après sa démission du parti, Michèle Barzach mène de nombreuses missions pour Médecins du monde, puis en 1998, elle préside la Fondation GlaxoSmithKline qui soutient l’accès aux soins, pour les femmes et les enfants, en Afrique subsaharienne. De 2012 à 2015 ensuite, elle préside l’Unicef France avec pour objectif de réduire la mortalité des enfants.
Michèle Barzach a aussi conseillé l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la Banque Mondiale, plusieurs gouvernements de pays en développement et d’Europe de l’Est ainsi que des sociétés.
En 2020, en pleine pandémie de Covid-19, elle avait signé l’appel lancé par l’ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy visant à élargir l’usage de l’hydroxychloroquine, médicament dont l’inefficacité contre le Covid a ensuite été démontrée.



