Le coup de gueule de cette journaliste mode sur la maigreur à la Fashion Week fait mouche
Sophie Fontanel a un mot pour les « gens de la mode » : « arrêtez avec les mannequins trop maigres ». Dans un message sur son compte Instagram ce vendredi 2 octobre, l’autrice, journaliste et spécialiste du secteur a pris la parole pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « pauvres torses faméliques » sur les podiums, en pleine Fashion Week de Paris.
« Encouragez ces filles à manger un peu, bordel. Je sais que vous pensez que vos vêtements tombent mieux sur des gens ultraminces. Sauf que là, il ne s’agit plus de gens ultraminces, ça va beaucoup plus loin. Beaucoup trop loin. Qui va désirer des vêtements nés du refus du corps ? » déplore la critique mode, parmi les plus connues du milieu, en France.
Avant d’ajouter : « Ne faites-vous pas le lien entre cette tristesse de la maigreur et vos magasins déserts ? Si vous ne changez pas par amour de la vie, faites-le au moins par amour de l’argent. Nous, on n’en peut plus. Désolée d’être si lapidaire, mais vous avez perdu la tête. »
Dans les commentaires, son texte fait mouche. L’ancienne reine des défilés Chanel Caroline de Maigret a commenté d’un simple émoji représentant une reine, signe d’approbation. L’influenceuse Susie Lau répond par une série d’applaudissements. « D’accord », écrit la chanteuse Clara Luciani, tandis que bien des marques ou des anonymes ont repartagé son coup de gueule en story.
Les Français, plus complexés que jamais
Voilà maintenant plusieurs saisons que le retour de l’extrême minceur sur les podiums, qu’on pensait pourtant disparue avec le mouvement « body positive », est documenté dans la presse, non sans lien avec le retour de ces mêmes diktats dans la société, comme sur TikTok, ou chez les people, à l’image des discussions entourant les dernières apparitions d’Ariana Grande.
À l’ère des réseaux sociaux et de l’avènement des médicaments anti-obésité, comme Ozempic, Wegovy et Mounjaro, les Françaises et les Français n’ont jamais été autant complexés par leur poids qu’aujourd’hui, comme l’a démontré un sondage Ifop pour Darwin Nutrition, publié au mois de juin.
« Les défilés ne sont pas complètement coupés du monde. Je pense qu’il y a une tendance plus générale à l’amaigrissement », a estimé Benjamin Simmenauer, philosophe et enseignant en stratégie des marques à l’Institut français de la mode au micro de France Inter mercredi.
« De qui se moque-t-on ? »
Sophie Fontanel était aussi présente lors de cette interview. « Ça a été très rare dans l’histoire de la mode que les mannequins ne soient pas très minces. Très minces, on va dire. Parce que là, il y a quelque chose avec la maigreur », constatait-elle.
« Si vous ajoutez à ça qu’elles marchent comme des chevaux, qu’elles ne sourient pas, a-t-elle ajouté. Parfois, je ne peux pas poster l’image. Même si le vêtement est beau, les gens vont me dire : “De qui se moque-t-on ?” La fille est tellement maigre. On voit tellement les côtes que ça ne peut pas marcher. Ça ne fait pas rêver. »
En 2015, un amendement du projet de loi santé avait pourtant été proposé par Olivier Véran. Il évoquait une mesure soumettant l’activité de mannequin à un IMC minimal. D’après Le Monde, la proposition avait été supprimée « pour redonner sa place au médecin du travail et élargir l’examen à d’autres paramètres, comme la morphologie, le sexe, l’âge, l’histoire alimentaire ou la recherche d’absence de menstruation ».



