Si Céline Dion apparaît beaucoup moins en public depuis son premier concert, c’est pour une bonne raison
Céline Dion remonte sur scène ce mercredi 16 septembre pour le deuxième concert des 16 premiers prévus dans le cadre de sa résidence française à la Plénitude Arena de Nanterre. Et si la première soirée avait mis tout le monde d’accord sur les capacités vocales inchangées de la chanteuse québécoise malgré sa maladie, la suite reste en point d’interrogation.
En effet, cela peut paraître contre-intuitif, mais dans le milieu du spectacle vivant, la première sur scène n’est généralement pas la plus difficile. La deuxième, elle, c’est une autre histoire…
Pour éviter une deuxième prestation en demi-teinte après un premier concert réussi, la chanteuse a donc modifié son rythme de vie depuis son arrivée à Paris. Alors qu’elle avait multiplié les bains de foule devant le palace parisien où elle réside, Céline Dion a totalement disparu. Même si les fans de l’artiste sont toujours très nombreux à guetter la moindre de ses apparitions publiques à la sortie du Royal Monceau, la diva est véritablement entrée dans sa bulle.
Céline Dion doit éviter le piège du relâchement
Fini, donc, les danses nocturnes et les sessions de chant improvisées avec son public. Céline Dion doit préserver sa voix et son corps pour assurer le marathon qui l’attend jusqu’au 17 octobre. Auprès du Parisien, l’ancienne prof d’expression scénique de la Star Academy Marlène Schaff souligne d’ailleurs cet aspect crucial avant sa deuxième soirée sur scène. « Nous, chanteurs, ce n’est pas comme un musicien instrumentiste. Notre voix fait partie de notre corps. C’est le véhicule de nos émotions. Tu peux être en pleine forme, si ça ne va pas dans la tête, ça s’entend dans la voix », avance-t-elle pour expliquer le fait qu’elle ne se montre plus depuis le concert du 12 septembre.
« Je lui souhaite de rester dans sa bulle de bonheur et de ne pas lire ce qui se dit sur les réseaux sociaux, où des gens commencent déjà à la critiquer », ajoute Marlène Schaff. Pour autant, la bulle de protection dans laquelle elle est entrée ne fait pas tout. Avec ce deuxième concert, la chanteuse de 58 ans est entrée dans le dur, après de longs mois de travail et de préparation pour ce moment. « Il y a une règle dans le métier, c’est que la deuxième, c’est celle où il faut être le plus concentré. Une erreur de débutant serait de se relâcher. Mais je suis sûre que Céline Dion connaît cet adage », glisse la spécialiste.
« Le premier concert, tu puises au fond de toi, tu t’es reposé, tu y arrives. Le public est bienveillant, il y a la famille, les amis, les fans », renchéri dans Le Parisien Richard Walter, coproducteur des concerts de Céline Dion à l’Olympia en 1994. « C’est une bénédiction d’avoir réussi, alors on y va plus léger et c’est là que les problèmes commencent », remarque-t-il, par expérience.
Fuir « le stress émotionnel »
Sur scène, ce mercredi soir, la voix et la gestuelle de Céline Dion seront donc scrutées de près pour juger de la réelle forme de la chanteuse qui, on le rappelle, est atteinte du syndrome de la personne raide. Cette pathologie neurologique rare provoque une raideur musculaire progressive, des crampes et des spasmes. Ces derniers ayant une incidence directe sur l’utilisation de ses cordes vocales et de son souffle.
« Pour nous, respirer et parler sont des automatismes. Pour elle, le souffle est un instrument de précision », rappelle à ce titre Pierre-François Pradat, neurologue à la Pitié Salpêtrière à Paris, auprès de Ouest-France. Si elle a appris à vivre avec sa maladie et à en maîtriser les symptômes grâce à une neurologue et grande spécialiste de la maladie qui la suit depuis plus de trois ans, des imprévus peuvent quand même surgir dans son environnement ultra-contrôlé.
Dans le cas de Céline Dion, « ce qui me préoccuperait surtout, ce serait la fatigue, le stress et le manque de récupération entre deux spectacles. Ce n’est probablement pas le nombre de concerts qui compte le plus, mais la façon dont on récupère entre deux concerts ». Ses sorties régulières pour rencontrer ses fans ont donc disparu pour accentuer la récupération et limiter au maximum ce que Pierre-François Pradat nomme « le stress émotionnel ». Un facteur favorisant les spasmes. « Dans le “stiff person”, le calme est plutôt un allié », note-t-il à ce titre.
Malgré une première réussie, monter sur scène 16 fois, comme elle a prévu de le faire, restera un défi exigeant chaque soir. « Dans le cas de Céline Dion, même si elle n’avait plus aucun symptôme dans des conditions ordinaires, on ne pourrait pas exclure que la scène reste une situation beaucoup plus exigeante pour son système nerveux », conclut le neurologue, en rappelant que pour le commun des mortels, comme pour une artiste d’expérience comme Céline Dion, « une scène devant des dizaines de milliers de personnes, c’est précisément une situation hors normes ».



