Que faire quand on a perdu le fil de ses vaccins et qu’on ne sait plus si on est à jour ?
« La France ne dispose pas encore d’un outil permettant d’enregistrer de manière exhaustive les vaccinations réalisées. » Dans un rapport publié ce lundi 7 septembre, la Cour des comptes épingle la stratégie de vaccination. Principale critique : le suivi des vaccins administrés repose essentiellement sur le bon vieux carnet de santé.
Le site Mon Espace santé est censé permettre ce suivi, mais il n’a été déployé que progressivement au cours des dernières années, et tous les professionnels de santé n’y enregistrent pas systématiquement l’administration d’un vaccin. Il reste par ailleurs méconnu, avec seulement un gros tiers des Françaises et des Français qui l’ont activé, pointe également la Cour des comptes.
Résultat, il est parfois difficile, à l’âge adulte, de savoir si l’on est à jour de ses rappels. Notamment si le carnet de santé a été perdu ou est resté sagement dans un tiroir au domicile parental.
Si vous n’êtes pas sûr d’être à jour, le mieux à faire est de prendre RDV avec votre médecin traitant pour faire le point sur le calendrier vaccinal. Mais en attendant, Le HuffPost revient sur les grands principes.
· Quels sont les vaccins concernés par des rappels ?
Première chose importante : pour la population générale, un seul vaccin nécessite des rappels à l’âge adulte : il s’agit de celui contre la diphtérie, le tétanos, la polio et la coqueluche – « DTP » ou « DTcaP » dans le langage courant. Le rappel – qui n’est pas obligatoire mais vivement recommandé – est effectué à 25 ans, 45 ans, 65 ans, puis tous les dix ans, souligne Vaccination Info service.
D’autres vaccins nécessitent des rappels dans des cas particuliers. Par exemple, certaines personnes nées après 1980 n’ont reçu qu’une seule dose de ROR (vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole), alors que deux doses sont obligatoires chez les bébés depuis 2018. Une « vaccination de rattrapage » est donc nécessaire, souligne l’Assurance maladie.
Autres exemples, les injections contre l’hépatite A ou le Mpox sont indiquées pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, et celle contre l’hépatite B pour les personnes « ayant des relations sexuelles avec des partenaires multiples ».
Enfin, même s’il ne s’agit pas de rappels stricto sensu, le vaccin est recommandé chaque automne contre la grippe saisonnière et le Covid-19, notamment pour les personnes fragiles.
· En cas de doute ou de rappel non effectué
Si vous êtes certain ou certaine d’avoir manqué un rappel, cela n’est pas anodin : des cas de tétanos sont par exemple recensés chez des séniors qui n’ont pas fait leur rappel DTP et « s’infectent en faisant du jardinage », soulignait le docteur Nicolas Vignier, infectiologue, auprès de Santé Magazine.
Votre médecin vous proposera alors un rattrapage vaccinal. Pour ne pas oublier le prochain rappel, vous pouvez vous-même renseigner l’injection dans Mon Espace santé si le ou la professionnelle de santé ne le fait pas.
Autre cas de figure : si vous n’avez pas la certitude de la date de la dernière injection, la situation sera à évaluer avec votre médecin. Il ou elle vous proposera sans doute une sérologie – une prise de sang pour évaluer votre immunité – ou une nouvelle injection.
En effet, un « rappel fait trop tôt » n’expose « à aucun risque particulier », note l’Assurance maladie. Une règle illustrée au cours de la grossesse : la vaccination contre la coqueluche étant recommandée entre la 20e et la 36e semaine d’aménorrhées, le DTcaP est généralement administré.
· Quid des voyageurs ?
Les vaccins recommandés ou obligatoires pour les différentes parties du monde ont chacun leur schéma vaccinal, si bien qu’il est difficile de faire des généralités. Si vous devez repartir bientôt dans un territoire concerné, vos photos de voyage vous aideront probablement, à défaut de trace écrite, à dater les injections effectuées. Et là encore, une consultation déterminera si un nouveau cycle vaccinal doit être envisagé.



