Arthur Fils met fin à 12 ans de disette pour le tennis français avec cette victoire
Arthur Fils est arrivé à Cincinnati avec de l’ambition et repart avec une couronne bien méritée : le Français a dominé ce dimanche 23 août l’Américain Frances Tiafoe 6-3, 1-6, 6-0 pour s’offrir le plus beau titre de sa jeune carrière, un Masters 1000, à une semaine de l’US Open.
Du haut de ses 22 ans, Arthur Fils a mis fin à 12 ans de disette pour le tennis français. Il est ainsi le premier joueur tricolore à remporter un Masters 1000 depuis Jo-Wilfried Tsonga en 2014, et le cinquième joueur français de l’histoire seulement à remporter un tournoi de cette envergure.
« Wahou, ça fait du bien, vraiment du bien (…), ça a quand même été une folle semaine ! », a lancé d’un grand sourire le tricolore, après sa victoire.
« Gagner un titre comme celui-ci signifie beaucoup pour moi » après « beaucoup de sacrifices », a ajouté le Français, qui montre qu’une fois ses pépins physiques écartés – sa hanche l’a tenu loin des courts une bonne partie de l’année 2025 – il a le jeu et la solidité pour rêver grand.
De grands espoirs pour l’US Open
Cela tombe à pic : l’US Open commence dans moins d’une semaine, et le tournoi de Cincinnati en était le dernier tremplin. Arthur Fils débarquera à New York avec un beau trophée dans les bras et un nouveau statut : il bondit au classement mondial de la 21e à la 11e place pour venir toquer d’un naturel désarmant aux portes du Top 10.
Direction la « grosse pomme », où il pourrait bien faire son trou, dans un tableau où n’apparaît pas le numéro un mondial, Jannik Sinner, forfait à cause de son genou droit et où Carlos Alcaraz (2e) revient après plus de quatre mois loin des courts.
Sa forme est en tout cas étincelante et son tennis aussi. Il a bluffé Cincinnati par son mental et sa puissance, où il s’est offert en deux petits sets certains des tout meilleurs, comme l’Australien De Minaur (8e) ou l’Italien Cobolli (10e). Jusque dans une finale où il a fini par saouler de ses coups l’Américain Frances Tiafoe.
« J’ai très bien commencé le premier set », analysait le Français après la rencontre. Mais « dans le deuxième set, j’ai un peu perdu ma concentration, il m’a mis sous pression. » Puis Fils s’est « regardé dans le miroir » d’après ses mots et a remis les pendules à l’heure.
Dans la manche décisive, Tiafoe venait de se faire manipuler à la hanche et n’arrivait pas à enchaîner, quand Fils reprenait du poil de la bête. La troisième balle de match fut la bonne, avec un 6-0 cinglant dans le dernier set pour battre le double demi-finaliste de l’US Open.
Après cette victoire historique, nul doute qu’Arthur Fils a déjà pour ambition de dépoussiérer un autre record : succéder à Yannick Noah, dernier vainqueur masculin français en Grand Chelem, en 1983.



