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Désorienté à l’arrivée, le marcheur Aurélien Quinion a mis longtemps à comprendre qu’il était médaillé

L’effort s’est lu sur son visage. Le marcheur Aurélien Quinion a décroché la médaille de bonze aux championnats d’Europe d’athlétisme sans réaliser ce qui lui arrivait ce samedi 15 août en fin de matinée.

Alors qu’il franchissait la ligne d’arrivée dans les rues de Birmingham, au Royaume-Uni, le Français est apparu hagard. Dans la vidéo que vous pouvez (re)visionner ci-dessous, on le voit d’abord retourner sur le tracé avant qu’un organisateur ne lui fasse signe.

Aurélien Quinion est ensuite filmé désorienté, très fatigué et le regard dans le vide, quelques pas après la ligne d’arrivée. « Est-ce qu’il sait (qu’il est troisième, ndlr) ? Pas sûr, je n’ai pas l’impression », indique un commentateur de France Télévisions. « Il est allé au bout de lui-même », souligne-t-il.

Le Français a réalisé une performance remarquable ce samedi puisqu’il décroche, avec cette médaille son premier podium international, après avoir terminé 9e du 20 km marche aux Jeux olympiques de Paris et avoir collecté. C’est aussi la première médaille internationale pour la marche française depuis la légende de la discipline Yohann Diniz, champion du monde du 50 km en 2017.

« Je ne comprends rien à ce qu’il se passe »

Aurélien Quinion a toutefois réussi à reprendre ses esprits en arrivant devant les médias. « C’était compliqué, tout le monde me parle, on me dit : “fais ci, fais ça, va là-bas, ralentis”, je ne comprends rien à ce qu’il se passe », a-t-il expliqué. « C’est dur, c’est un marathon, je pense que des millions de personnes peuvent se reconnaître », a-t-il ajouté.

En zone mixte, le sportif avait encore beaucoup de mal à se remettre de son effort éreintant. « Cardiaquement, je ne suis pas très haut mais physiquement les jambes prennent trop cher », encore plus sur un parcours compliqué avec du dénivelé et des pavés.

Mais Aurélien Quinion avait aussi le sourire aux lèvres. « C’est spécial. Ça fait des années que je cherche une médaille. Maintenant que je l’ai, je rêve de l’or », s’est-il réjoui, le regard rivé sur sa distinction. « Je suis passé du radiateur du fond de la classe et là je commence à être parmi les bons élèves. Je rentre enfin parmi ces athlètes forts qui ont des médailles », a-t-il souligné.

Le Français, qui était quatrième à un kilomètre de l’arrivée, a arraché le bronze grâce aux quatre minutes de pénalité infligées au Hongrois Bence Venyercsan qui était devant lui (finalement 6e). Le semi et le marathon remplaçaient, depuis cette année, les habituels 20 km et 35 km marche pour donner plus de visibilité à la discipline en l’alignant aux distances du running.