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Malgré sa campagne hyperactive pour le Ballon d’Or, ce sera compliqué pour Mbappé

C’est l’un des moments du calendrier autant coché par les joueurs que les fans de football. La cérémonie du Ballon d’Or se déroule ce lundi 26 octobre, à partir de 19h30, à… Londres. Et non à Paris, comme c’est l’habitude. Un choix géographique justifié par l’organisateur, France Football, comme « un hommage au premier vainqueur du trophée créé en 1956 », l’Anglais Stanley Matthews, à l’occasion de ce 70e anniversaire.

Parmi les grands favoris, ils ne sont plus que trois à pouvoir prétendre à la récompense : Harry Kane (Bayern Munich), Lamine Yamal (FC Barcelone) et Kylian Mbappé (Real Madrid). Pour ce dernier, malgré sa campagne active dans les médias ces dernières semaines pour décrocher son premier Ballon d’Or à 27 ans, la tâche s’annonce compliquée.

Tout simplement car chez les bookmakers, notamment britanniques, l’attaquant français du Real Madrid est un peu à la traîne. Jugez plutôt : Harry Kane reste ici le grand favori avec une cote moyenne tournant autour de 1,40, devant Kylian Mbappé à 3,50, tandis que Lamine Yamal émerge en troisième position à 6,50. Et pour ce qui est de prédire le Ballon d’Or, les bookmakers ne se trompent quasiment jamais.

Autre démonstration mathématique, avec les marchés de prédiction. Ces sites, dont les deux plus gros sont américains – Kalshi et Polymarket -, permettent de parier sur divers événements comme les élections politiques mais aussi sur du sport. Ils sont souvent un bon reflet de l’opinion publique et de la tendance générale. Sur Kalshi, Harry Kane était donné dimanche avec 72 % de chances de l’emporter, devant Kylian Mbappé à 19 % et Lamine Yamal à 13 %.

Enfin, même avec l’IA, le Français n’arrive toujours pas devant. Selon un modèle d’intelligence artificielle entraîné et utilisé par le cabinet Avisia, le favori pour le Ballon d’Or serait cette fois-ci Yamal avec 23 % de chances d’être sacré, devant Harry Kane (21 %) et Kylian Mbappé (19 %), rapporte Le Parisien.

Et ce dernier aura beau avoir inscrit des buts somptueux à l’approche de la cérémonie, comme en Liga contre Séville ou en Ligue des champions contre Leipzig, cela n’y changera rien. Tout simplement, déjà, car le vote des 100 journalistes est clos depuis le 28 septembre.

Dur d’exister face aux 73 buts d’Harry Kane

Kylian Mbappé part en plus avec un désavantage d’importance face aux deux autres : il n’a remporté cette année aucun titre avec son club, ni avec l’équipe de France, le deuxième critère retenu dans le choix d’un Ballon d’Or. Dur ici de faire jeu égal avec Kane et son titre de champion d’Allemagne avec le Bayern, ou surtout Yamal devenu champion du monde avec l’Espagne cet été.

Et même sur le plan individuel et les statistiques personnelles, le critère principal pour le vote de la presse, si Mbappé revendique le titre de meilleur buteur de la Coupe du monde et de la Ligue des champions, il a le malheur de faire face à un Kane stratosphérique avec une saison à 73 buts, toutes compétitions confondues. Ce qui en fait tout simplement le deuxième meilleur buteur de l’histoire sur une saison, derrière Lionel Messi (82 buts en 2011-2012).

Enfin, sur le troisième critère pris en compte, l’image et le fair-play, Mbappé ne fait pas forcément l’unanimité. Son comportement a par exemple pu être pointé du doigt lors du 8e de finale mouvementé des Bleus face au Paraguay au Mondial cet été, pendant lequel il n’a pas été avare en provocations. Il a aussi exaspéré plusieurs fois les supporters du Real Madrid, notamment lorsqu’il est apparu en voyage à l’étranger ou en boîte de nuit avec sa compagne, lors de périodes où il était annoncé blessé et donc en convalescence. À l’inverse, Harry Kane véhicule en continu une image de gendre idéal dont le comportement n’est jamais pris en défaut.

Pour tenter d’emporter l’adhésion des journalistes, Kylian Mbappé n’avait pas ménagé sa peine ces derniers temps dans les médias. « Pour le Ballon d’Or, je vote pour moi », assurait-il ainsi dans une interview à L’Équipe début septembre, non sans argument à la clé sur son absence de trophée collectif. « Je pense que c’est un trophée individuel. Après, les gens disent que je n’ai pas gagné de trophées. Je n’ai jamais vu de Ballon d’Or à l’unanimité qui cochait tout à chaque fois », analysait-il malicieusement.

« J’ai la sensation que c’est une bonne année pour l’obtenir. J’ai marqué l’histoire cet été lors de la compétition la plus importante », ajoutait-il auprès du quotidien sportif. Malheureusement pour lui, il y a donc plus de chance qu’il termine cette année sur la deuxième ou troisième place du podium final, comme en 2023 (3e), plutôt qu’il ne soulève le Ballon d’Or et ne succède à un autre Français et son ami dans la vie, Ousmane Dembélé.