Politique

Nice, Montpellier… Des militants d’ultradroite accusés de violences le 24 octobre, le point sur les affaires

La justice est appelée à se saisir, dimanche 25 octobre, après que des militants d’ultradroite ont été filmés tentant de s’infiltrer dans les manifestations du 24 octobre, et faisant preuve de violence dans plusieurs villes. Des agressions de manifestants ont notamment été recensées à Nice et à Montpellier.

À Nice, une enquête a été ouverte, ce dimanche 25 octobre, après des incidents au cours desquels des manifestants ont été agressés par des individus susceptibles d’appartenir à la mouvance d’ultradroite en marge de la journée de mobilisation, a fait savoir le parquet à l’AFP.

« Une enquête en flagrance confiée au SLPJ 06 (Service local de police judiciaire) est ouverte pour identifier et interpeller les membres de cette mouvance impliqués dans les violences aggravées qui se sont déroulées dans le centre-ville », a précisé le procureur de la République de Nice Damien Martinelli dans un communiqué.

Contacté par l’AFP, le magistrat a indiqué « vouloir apporter une réponse extrêmement ferme à ces faits de violence commis par ces individus », en précisant que des investigations sont en cours à partir des images captées samedi. Sur certaines d’entre elles diffusées par la presse locale, comme vous pouvez le voir ci-dessous, on voit des hommes en noir masqués se ruer sur des manifestants visiblement non-violents.

Le maire de Montpellier annonce saisir la justice

Parmi les 59 personnes placées en garde à vue samedi à la suite des manifestations à Nice, principalement pour « participation à un groupement en vue de la commission de faits de violences », figurent ainsi 11 individus susceptibles d’appartenir à la mouvance d’ultradroite, a complété le parquet.

« Interpellés dans deux véhicules, certains étaient en possession de masques, gants, gazeuses et matraques. Sur ces 11 individus, cinq sont déjà connus des services de police », a ajouté le parquet. Leur interpellation a eu lieu avant les faits de violence.

À Montpellier, le maire Michaël Delafosse a annoncé vouloir saisir la justice après l’irruption d’un groupe de militants d’ultradroite durant la manifestation. « Une milice d’extrême droite a fait usage de la violence contre des manifestants hier dans les rues de Montpellier (…). Je condamne ces agissements avec force et demande à ce que la justice enquête et interpelle les auteurs », a écrit le maire sur le réseau social X.

L’élu a ensuite indiqué, auprès d’ICI Hérault, son intention d’effectuer un signalement auprès du procureur de la République.

Laurent Nuñez appelle les préfets à saisir la justice

Des images de militants d’ultradroite exerçant des violences dans d’autres villes circulent également sur les réseaux sociaux, sans que la justice ne soit pour le moment saisie. Le média Blast a par exemple partagé une vidéo montrant « des identitaires d’extrême droite » attaquer « des manifestants en toute impunité devant la police » à Rouen.

À Tours, le quotidien La Nouvelle République a, lui, fait état d’un affrontement entre « militants d’extrême droite et militants d’extrême gauche ». Plusieurs médias ont enfin constaté à Lyon un défilé de militants d’ultradroite, scandant des slogans identitaires mais sans que des violences ne soient constatées.

« Dans plusieurs villes dont Nice, Montpellier, Nancy, et encore une dizaine d’autres, des groupes de militants d’ultradroite (…) se sont donné pour mission de protéger les commerces et plus fréquemment, en réalité, ont cherché l’affrontement avec les militants d’ultragauche », a réagi le ministère de l’Intérieur ce dimanche.

Dans les villes citées, « les forces de l’ordre sont généralement intervenues, soit pour disperser ces groupes, soit pour éviter des affrontements entre les groupes antagonistes », a relaté l’Intérieur. Laurent Nuñez a demandé aux préfets de saisir la justice, prévenant que « des conséquences administratives pourront également suivre », a fait savoir Beauvau.

La veille, Laurent Nuñez avait souligné « dans au moins deux villes, la présence de militants de l’utradroite qui cherchaient à s’affronter avec des militants de l’ultragauche, en tout cas à protéger d’eux-mêmes les commerces », « une première dans une manifestation ».