« Je ne suis pas complice » : la réponse d’Ed Sheeran après l’éviction de Macklemore de sa tournée
Sa réponse était particulièrement attendue. Ed Sheeran a réagi, ce mardi 15 septembre via un long post publié sur Instagram, à la polémique actuelle sur l’éviction de sa tournée de Macklemore. Le rappeur américain avait attribué lundi son exclusion à ses propos pro-palestiniens lors de précédents concerts.
L’artiste, qui jouait en première partie, avait notamment lancé le slogan « Libérez la Palestine » lors de deux dates début septembre au MetLife Stadium, près de New York, avant d’assurer aux Palestiniens de la bande de Gaza et de Cisjordanie qu’ils n’étaient « pas oubliés ».
Des propos qui ont fait polémique aux États-Unis, engendrant des accusations d’antisémitisme envers Macklemore et des appels sur les réseaux sociaux à le bannir de la tournée, notamment relayés par la chanteuse Pink.
Ed Sheeran aurait fini par céder aux pressions, selon Macklemore. « Ed Sheeran et son équipe ont pris la décision de m’écarter du Loop Tour », a-t-il expliqué dans un message publié sur Instagram, en notant que la « position habituellement apolitique » du chanteur pop avait été « remise en cause comme jamais auparavant » ces derniers jours.
Ce mardi, Ed Sheeran a répondu, se défendant sur plusieurs points. « Après les prestations de Macklemore lors de mes concerts dans le New Jersey, les salles concernées par les prochaines dates de ma tournée m’ont fait savoir qu’elles annuleraient les concerts s’il continuait à assurer la première partie. On m’a expliqué que cette position reposait sur la manière dont Macklemore avait transmis une partie de son message pendant sa prestation, plutôt que sur l’ensemble de ses propos », explique le chanteur britannique.
« C’est le promoteur qui a décidé de retirer Macklemore de la tournée, pas moi. Le contrat de Macklemore pour la tournée avait été conclu avec le promoteur, pas avec moi », tient-il à préciser.
« Je ne suis pas complice. J’ai mes propres opinions sur ce conflit dévastateur. Ce n’est pas parce que je choisis de ne pas m’exprimer publiquement que je n’en ai pas, ni que je m’en fiche. Cela ne signifie pas non plus que je ne soutiens pas ces causes à ma manière, personnellement », partage aussi l’artiste dans son post Instagram.
Macklemore veut rester ami avec Ed Sheeran
« Je respecte la détermination de Macklemore à prendre position et à défendre haut et fort ses convictions. Cependant, il existe plusieurs façons d’atteindre le même objectif : la paix. Je choisis d’utiliser ma notoriété et ma tribune pour offrir un espace sûr et un refuge, pour privilégier la diplomatie et maintenir le dialogue ouvert, et non fermé. Si nous nous contentons de crier le plus fort, rien ne changera jamais. Il existe différentes façons de militer pour le changement », argumente Ed Sheeran.
« J’ai passé cette semaine à essayer de jeter des ponts, de trouver une solution, et malheureusement, je n’y suis pas parvenu. Je sais qui je suis, tant en tant que personne qu’en tant qu’artiste, et ceux qui connaissent mon cœur connaissent aussi mes valeurs », conclut-il.
Dans sa publication Instagram, Macklemore avait assuré vouloir rester ami avec Ed Sheeran, malgré ce « désaccord douloureux ». « Si ces paroles m’ont coûté la scène, tout en ramenant le débat sur la Palestine, alors c’était la tournée la plus réussie à laquelle j’ai jamais participé », a-t-il estimé.
Plus de 73 000 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis 2023 dans l’offensive israélienne déclenchée en représailles à l’attaque du 7 octobre, selon le ministère de la santé contrôlé par le Hamas. Côté israélien, l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 avait fait plus de 1 200 morts.
Macklemore s’est établi comme un grand nom du rap mondial il y a un peu plus d’une dizaine d’années, grâce à des tubes comme Thrift Shop et Can’t Hold Us. Après le début du conflit à Gaza, il a condamné l’attaque du 7 octobre tout en dénonçant l’action d’Israël, qu’il qualifie de « génocide ».
En 2024, il a notamment publié Hind’s Hall, un morceau inspiré par l’occupation d’un bâtiment à l’université de Columbia, en hommage à Hind Rajab, une fillette palestinienne de cinq ans dont la mort a suscité une vague d’indignation internationale.



