On a adoré « DTF St. Louis », petite de comédie noire qui a triomphé aux Emmy Awards
Une razzia amplement méritée. Durant la cérémonie des Emmys Awards, où la série Widow’s Bay s’est largement imposée dans les catégories reines, une autre série a su tirer son épingle du jeu : l’étrange mini-série DTF St. Louis.
Dans la catégorie réservée aux productions limitées à une seule saison, cette série signée HBO est peut-être passée inaperçue en France depuis sa sortie en mars dernier, mais l’équivalent des Oscars pour la télévision américaine ne s’y est pas trompé en remettant sept récompenses à DTF St. Louis ce lundi 14 septembre.
La série de Steve Conrad a notamment décroché les statuettes de meilleure mini-série, meilleure actrice dans un second rôle pour Linda Cardellini et meilleur acteur dans un second rôle pour David Harbour. Le scénario et la réalisation ont également été distingués. Une très belle fin de parcours pour cette série inclassable, qui mélange les genres avec subtilité et pour notre plus grand plaisir.
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Amitié masculine, enquête et adultère
Mini-série en sept épisodes, DTF St. Louis réunit à l’écran trois grands noms du cinéma : Jason Bateman, Linda Cardellini et David Harbour. D’ailleurs, la série repose essentiellement sur ce trio pour installer son mystère et son triangle amicalo-sexuel que l’on pourrait sobrement qualifier de… bizarre.
Mais de quoi parle exactement cette série estampillée HBO ? Clark Forrest, incarné par Jason Bateman, est présentateur météo sur une chaîne locale. Il se lie d’amitié avec son nouveau collègue Floyd Smernitch, interprète en langue des signes campé par l’ex-star de Stranger Things. Associé à l’antenne, le duo noue rapidement une belle et intense amitié masculine.
C’est là que Clark présente à Floyd une nouvelle application de rencontre qui donne son nom à la série. « DTF » pour « Down To Fuck », soit « chaud pour baiser » en bon français.
Il faut dire que la vie sentimentale de Floyd, qui partage sa vie avec Carol, le personnage de Linda Cardellini, n’est pas au beau fixe. Leur couple, criblé de dettes et sans vie intime depuis plusieurs années, bat de l’aile. Dès lors, l’amitié naissante entre Clark et Floyd va permettre à Carol et Clark de se rencontrer et de nouer une relation adultère, lançant ce triangle sentimental toxique dont personne ne sortira épanoui.
Une masculinité en crise
La série brouille constamment les pistes pour tisser sa toile vénéneuse autour de ce trio de comédiens géniaux, entre amitié, tromperie et enquête policière (oui, oui). Ce n’est pas du divulgachage puisque la mort du personnage de David Harbour est présentée dès le premier épisode. Ce qui offre l’opportunité à un curieux duo de flics (parfaitement campés par Joy Sunday et Richard Jenkins) de mener l’enquête sur les circonstances de la mort de Floyd pour le moins… atypiques. Il est retrouvé sans vie près d’une piscine désaffectée et tout semble indiquer un décès par crise cardiaque. En apparence seulement.
DTF St. Louis est une série pour le moins curieuse. Froide et aseptisée au premier abord, dans cette banlieue moyenne américaine grisâtre, elle réserve néanmoins plusieurs grands moments de tendresse et des séquences humoristiques géniales et gênantes (parfois les deux à la fois) pour aborder des thèmes bien plus profonds qu’attendus.
Entre banalités du quotidien, crise de la cinquantaine, essoufflement du couple et amitié masculine relativement inédite à l’écran, la série explore notamment une masculinité en crise à travers le duo Bateman-Harbour, dont on se délecte. Cette mini-série de Steven Conrad ne sera sûrement pas du goût de tout le monde, mais elle saura largement combler les amateurs de comédie dramatique au ton noir et décapant.



