Le Covid circule à nouveau en France mais faut-il s’inquiéter pour autant ?
Va-t-il falloir bientôt porter à nouveau un masque chirurgical dans les lieux publics et se ravitailler en autotests ? C’est, à première vue, ce que semble indiquer Santé publique France. Dans son point de situation hebdomadaire rendu public ce mercredi 23 septembre, l’agence sanitaire fait état d’une hausse des suspicions de Covid-19 ; pour la seule semaine du 14 au 20 septembre, les passages aux urgences pour ce motif ont augmenté de 16 % pour les enfants et de 67 % chez les adultes par rapport à la précédente.
Il en va de même pour les consultations auprès du réseau SOS Médecins, qui ont augmenté de 76 % sur la même semaine, et pour le même motif médical. Soit 390 actes supplémentaires, qui concernent toutes les tranches d’âge. Par ailleurs, Santé publique France indique la poursuite d’« une forte tendance à la hausse de la circulation du SARS-CoV-2 dans les eaux usées » en Île-de-France.
« Le niveau de circulation atteignait des valeurs observées pour la dernière fois en octobre 2024. Les hausses des concentrations dans les eaux usées précèdent généralement les hausses observées des cas humains, sans préjuger de leur ampleur ni de la sévérité des cas sur le plan clinique », ajoute l’instance.
« Une menace faible et relative »
Cette reprise épidémique doit-elle inquiéter ? Pour l’heure, Santé publique France rappelle que le nombre de passages aux urgences pour suspicion de Covid reste à « des niveaux inférieurs à ceux des années précédentes », ce qui n’impacte pas, pour l’heure, le fonctionnement des hôpitaux, insiste l’épidémiologiste Antoine Flahaut.
Interrogé par Le Parisien, le médecin se veut aussi rassurant quant à la sévérité des symptômes. Toujours caractérisés par le nez qui coule, la fièvre et le mal de gorge, les variants du SARS-CoV-2 qui circulent actuellement sont similaires à ceux étaient déjà actifs l’an dernier. Or, déjà en 2025, « les complications sévères du Covid avaient été très limitées, grâce à la très forte immunité résiduelle de la population due tant aux vaccinations répétées qu’aux multiples contaminations précédentes », assure le docteur Flahaut.
Un constat que partage Benjamin Davido, médecin infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (AP-HP). Auprès de TF1 Info, il considère que voir réapparaître le Covid-19 parmi d’autres virus saisonniers « est quelque chose qui n’a rien d’exceptionnel ». « Sans la minimiser, je pense que la menace est extrêmement faible et relative », poursuit-il.
Un virus qui devient saisonnier
En revanche, estime l’expert, cette augmentation de la circulation du Covid-19 à la même période que l’an dernier semble indiquer que le virus se saisonnalise, c’est-à-dire qu’il « vient se trouver une période propice au retour des grandes vacances, malgré le beau temps ». L’augmentation des cas pourrait alors se poursuivre jusqu’à la fin du mois d’octobre, période où il laisserait ensuite place à la grippe.
Pour Benjamin Davido, c’est surtout cette saisonnalité du Covid qui est à surveiller car elle pourrait donner lieu à des variants plus contagieux, à défaut d’être plus dangereux. « À force de laisser circuler le virus, on n’est pas à l’abri qu’à un moment donné, il acquiert des mutations majoritaires qui lui permettent d’être encore plus transmissible, et avec toujours cette incertitude sur l’acquisition de gènes de virulence. Mais l’histoire a démontré que le scénario le plus probable est l’acquisition de variants qui facilitent la transmission, ce qui explique d’ailleurs qu’il persiste, plus que de virulence », analyse-t-il.
D’où l’importance, pour stopper les circuits de transmission, de respecter à nouveau les gestes barrières : se laver régulièrement les mains, aérer quotidiennement les pièces de vie, tousser et éternuer dans son coude ou encore porter un masque dans les lieux clos quand on pense être malade.
Enfin, la vaccination reste encore le meilleur moyen de se protéger et de protéger les autres de toute contamination. La campagne de vaccination 2026-2027 contre la grippe et le Covid-19 débutera le 13 octobre prochain, a annoncé cette semaine le ministère de la Santé. La vaccination reste fortement recommandée aux personnes à risque de formes graves, aux professionnels et aux personnes en contact régulier avec des personnes vulnérables.



