Politique

La campagne de prévention contre le VIH sacrifiée faute de budget ? Le gouvernement dément

La santé sacrifiée sur l’autel financier ? Alors que le gouvernement est à la recherche d’économies dans le budget 2027, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a dû rassurer sur le maintien de la campagne annuelle de prévention contre le VIH et le sida, après l’émoi des associations et de responsables politiques inquiets de son éventuelle suppression.

Mi-septembre, l’association Act Up alertait sur l’absence de communication de Santé publique France (SPF) sur cette campagne de prévention qui se tient traditionnellement le 1er décembre. « Au 28 août, aucune campagne nationale de Santé publique France pour le 1er décembre 2026 n’est annoncée. Pendant que l’ONUSIDA rappelle que 1,3 million de nouvelles infections par le VIH surviennent encore chaque année dans le monde (…) la France risque de se retrouver sans campagne nationale portée par son agence de santé publique pour le rendez-vous annuel consacré au VIH. Le silence est assourdissant », dénonçait l’association dans un communiqué.

L’annulation de la campagne a ensuite été « confirmée par Santé publique France » aux associations, en raison des « coupes budgétaires gouvernementales », a indiqué à l’AFP le 22 septembre Anaïs Saint-Gal, responsable du plaidoyer de Sidaction.

Contacté par l’agence de presse, le directeur général de SPF Grégory Emery a démenti toute « annulation » au sens strict, faisant valoir que « la campagne n’avait pas été produite ». Pour autant, le gouvernement a « été amené à établir des priorités dans les campagnes demandées à Santé publique France, et celle-ci n’a pas figuré parmi les priorités », a-t-il poursuivi. Avant de mettre en avant « les réseaux territoriaux » et « les outils digitaux », « aussi efficaces qu’une campagne nationale ». « Contexte budgétaire contraint ou pas, c’est important que la communication de l’État soit plus lisible pour les citoyens, mieux organisée », et « une campagne télévisuelle aujourd’hui n’est plus impactante », a encore défendu Grégory Emery.

Rist assure que la lutte contre le VIH et le sida reste « une priorité »

Mais ces arguments n’ont guère convaincu les associations. Car depuis fin janvier et l’annonce du transfert au ministère de la Santé des campagnes de prévention, des syndicats, experts et parlementaires se sont inquiétés d’une « reprise en main » et du « blocage » de campagnes, par exemple sur l’addiction aux paris sportifs, les fortes chaleurs ou le tabagisme.

Le 25 septembre, les co-présidents du groupe d’étude de l’Assemblée nationale sur le VIH et le sida Arthur Delaporte (PS) et Pouria Amirshahi (Écologistes) ont donc alerté la ministre de la Santé. L’absence de campagne enverrait « un signal particulièrement préoccupant pour la politique de prévention et de dépistage » en France, alors que « seuls 74 % des 15-24 ans se déclarent suffisamment informés sur le VIH, soit 15 points de moins qu’en 2009 », soulignent-ils sur X, s’appuyant sur les résultats de l’enquête menée par Sidaction au printemps 2026.

Face à ces inquiétudes, Stéphanie Rist a donc dû assurer que la lutte contre le VIH faisait toujours partie des « priorités de santé publique » et que la campagne nationale aurait bien lieu « comme tous les ans ». « La nouvelle feuille de route de la Stratégie nationale de santé sexuelle 2026-2030 réaffirme pleinement la priorité donnée à la lutte contre le VIH et les IST. Elle s’appuie sur un ensemble de dispositifs mobilisés tout au long de l’année, dans une logique de prévention combinée associant information, dépistage, accès à la PrEP [traitement préventif anti-VIH, NDLR], promotion du préservatif et accompagnement des publics concernés », a assuré la ministre de la Santé.