Politique

Ce maire avait une prière à adresser au pape Léon (et elle va parler aux automobilistes)

Prière païenne. Profitant de la venue du pape Léon XIV en France et de sa réception à l’Élysée par Emmanuel Macron, le maire communiste de Grigny Philippe Rio a, avec ironie, interpellé le chef de l’Église catholique ce samedi 26 septembre. L’objet de sa demande : intervenir auprès d’Emmanuel Macron sur la baisse les prix des carburants.

« Très Saint-Père, si vous pouviez convaincre notre président de la République de réduire la TVA sur l’essence et nationaliser Total, nous vous en serions extrêmement reconnaissants. Sincèrement, Les Françaises et Français qui se font braquer à la pompe », a écrit avec ironie sur X l’élu communiste, en partageant la vidéo du pape et du président de la République à l’Élysée.

Devant les Français le 24 septembre, Emmanuel Macron a privilégié la voie diplomatique pour apaiser les tensions internationales et ainsi refaire baisser le coût du baril qui se répercute ensuite à la pompe. Mais face à de nombreux opposants qui réclament, eux, cette baisse des taxes, tout comme une majorité des Français selon les sondages, le président de la République a assuré « ne rien exclure, en fonction de l’évolution de la situation ».

Pas de communion entre Attal et Philippe

À ce stade, le gouvernement mise sur des aides ciblées, moins coûteuses pour les finances publiques. Quant à la « nationalisation » de Total réclamée par Philippe Rio, elle est loin d’être à l’ordre du jour : alors que la gauche réclame un encadrement des marges des fournisseurs, le ministre de l’Industrie Serge Papin a clairement indiqué ne pas « avoir envie d’embêter » l’entreprise française.

Le maire de l’Essonne n’est pas le seul à avoir surfé sur le déplacement papal à Paris pour passer des messages politiques. Le socialiste Olivier Faure, candidat à l’Élysée via la primaire de son camp, a ainsi profité du discours du pape sur la Maison Bakhita, un lieu « qui témoigne à toute la ville qu’il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix », pour fustiger les aspirants à la fonction suprême qui défendent un durcissement de la politique migratoire française. « Message directement adressé à tous les candidats qui se sont pressés pour aller sur la photo avec le pape pour mieux le contredire par leurs programmes », a taclé le député PS, dans une référence claire à Marine Le Pen, Bruno Retailleau ou encore Edouard Philippe.

Comme la candidate du RN, celui de LR et d’autres personnalités politiques parmi lesquels le chef du gouvernement Sébastien Lecornu, le maire du Havre a participé dans l’après-midi à la messe donnée par le souverain pontife place de la Concorde. Selon une photo relayée par un journaliste de TF1, il avait originellement été placé à côté de Gabriel Attal. Mais les deux hommes, qui revendiquent tous deux la place de candidat unique du « bloc central » et s’affrontent de plus en plus ouvertement, ont finalement été séparés à la dernière minute par la présidente LR de la région Île-de-France Valérie Pécresse. Pas de miracle sur ce front-là.