Politique

Comment le gouvernement compte s’y prendre pour remplacer Parcoursup

C’était l’une des revendications phares des lycéens. Le gouvernement a accédé, ce lundi 26 octobre, à la requête sur la refonte de Parcoursup. « On va remplacer Parcoursup. Avec Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, nous engageons une réforme en deux étapes : des améliorations dès la session 2027, puis un nouveau système en 2028 », a annoncé le ministre de l’Éducation Édouard Geffray au Parisien, en plus d’autres mesures.

« Ce sera une autre plateforme qui reprendra l’ensemble du processus d’orientation et d’affectation », a-t-il précisé. Les deux ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont ensuite détaillé, en conférence de presse, le procédé pour faire entrer en vigueur le nouveau système, à sept mois de l’élection présidentielle.

Le gouvernement envisage ainsi la mise en place d’un « comité de réforme » composé de lycéens et d’enseignants autour des ministres. « Ses premières recommandations sont attendues d’ici à la fin novembre », a-t-il indiqué dans un communiqué de presse.

« En complément, un débat dédié sera organisé très rapidement au Parlement afin de recueillir les propositions précises et opérationnelles de chaque groupe politique, a-t-il complété. Si les évolutions retenues impliquent de modifier la loi, le gouvernement reprendra les conclusions du comité dans un projet de loi ad hoc. »

Un calendrier serré

Une abrogation de Parcoursup passe en effet par la loi. « Il y a un certain nombre de paramètres de Parcoursup qui ne peuvent être changés que si la loi elle-même évolue », a souligné le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste en conférence de presse. « Le débat législatif va permettre de fonder la suite de la plateforme », a-t-il appuyé.

Pour ce faire, il faudra donc qu’un texte soit voté à l’Assemblée nationale, et ce avant la fin de la session ordinaire du Parlement, arrêtée au 28 février 2027 en raison de l’élection présidentielle à venir.

Le calendrier est donc serré, mais « si on parvient à converger et à avoir des évolutions de la loi, cela garantit que la plateforme sera refondée », a espéré Philippe Baptiste. Les différents partis politiques ont toutefois des avis divers sur la forme que devrait prendre cette nouvelle plateforme, comme le rappelle LCP.

« Peut-être qu’effectivement dans deux ans ou trois ans, il y aura une nouvelle évolution car un autre gouvernement voudra faire autre chose », a concédé le ministre de l’Enseignement supérieur.

Un premier débat mercredi à l’Assemblée nationale

En attendant, un premier débat, mais sans vote, doit se tenir mercredi à l’Assemblée nationale sur « l’avenir du processus d’orientation et d’affectation des lycéens dans l’enseignement supérieur », a annoncé le ministre chargé des relations avec le Parlement. Organisé sur la base de l’article 50-1 de la Constitution, il doit être inscrit mardi à l’ordre du jour.

Le débat doit permettre à l’ensemble des groupes politiques de faire part de leurs propositions, ainsi qu’à l’exécutif de décliner sa feuille de route et d’être plus précis sur le calendrier à suivre par exemple, mais sans qu’il ne soit contraignant.

La tenue d’un débat sans vote pour débuter la réflexion est toutefois loin de faire l’unanimité dans la classe politique. Le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a appelé sur X à ce que celui-ci « soit suivi d’un vote, comme le permet la Constitution ». « Sinon, ce ne sera qu’un nouvel exercice d’enfumage », a-t-il estimé.