Economia

Roland Lescure regrette sa phrase « malheureuse » à propos des taxes sur le carburant

« Ça ne m’empêche pas de dormir. » Sept mots qui ont fait bondir le Rassemblement national, et sur lesquels le ministre de l’Économie, Roland Lescure, est revenu ce vendredi 30 octobre.

Tout commence deux jours plus tôt. À l’occasion d’un débat portant sur la fiscalité des carburants dans le cadre des discussions sur le Budget 2027, et dans le contexte de l’envolée des prix à la pompe en raison de la guerre en Iran couplée à celle en Ukraine, le locataire de Bercy a réitéré le refus du gouvernement d’utiliser le levier fiscal pour faire baisser les prix, comme le réclame le RN.

Reconnaissant que « les prix de l’essence sont plus élevés en France qu’ailleurs », Roland Lescure a poursuivi : « La raison essentielle, c’est qu’on taxe plus qu’ailleurs, moi ce n’est pas une taxe qui m’empêche de dormir – je sais que ça en empêche de dormir d’autres -, ça permet de financer plein d’infrastructures, c’est très bien ».

« Dédain insupportable »

Une formule qui a déclenché l’ire des responsables du RN. « Sachez, monsieur Lescure, que (ces taxes) empêchent des millions de travailleurs, d’entrepreneurs, de retraités et de familles de dormir et même de vivre. Votre dédain est insupportable », avait notamment réagi Marine Le Pen sur son compte X. De son côté, Jordan Bardella avait dénoncé un « insupportable mépris macroniste », profitant de l’occasion pour rappeler que le parti d’extrême droite souhaite baisser radicalement la fiscalité sur les carburants. Une mesure dont le coût est estimé entre 6 milliards et 18 milliards d’euros par an, et qui se heurterait à plusieurs obstacles majeurs, fiscaux mais aussi légaux.

Or, le fond du sujet, justement, a été occulté par la polémique provoquée par les mots du locataire de Bercy. Raison pour laquelle il regrette d’avoir utilisé cette formule. « C’est une expression malheureuse que je regrette sincèrement d’avoir prononcée », a-t-il expliqué ce vendredi sur franceinfo, présentant ses « excuses » si « certains ont été choqués ».

Pour autant, sur le fond, Roland Lescure ne se dédit pas. « Marine Le Pen prend la phrase, la sort du contexte », a-t-il accusé, regrettant que ses propos aient détourné l’attention de « l’essentiel » de la discussion. Ce qu’il résume ainsi : « Le débat à la surface plutôt qu’en profondeur. » Le ministre de l’Économie est également revenu sur cette séquence sur son compte Bluesky. « Ce qui m’empêche de dormir, c’est de voir le pouvoir d’achat des Français menacé par un conflit à l’autre bout de la planète. C’est de voir les extrêmes vendre du rêve et des illusions à nos compatriotes », a-t-il précisé.

Avant de lister les initiatives prises par le gouvernement pour limiter les effets des prix à la pompe. « J’ai signé deux décrets pour libérer les stocks stratégiques et permettre aux Français d’en ressentir les effets à la pompe. Nous avons également ouvert un nouveau guichet d’aide pour les grands rouleurs », a-t-il fait valoir. Des mesures qui, selon le calendrier prévu par l’exécutif, permettront une baisse effective à partir de ce dimanche 1ᵉʳ et lundi 2 novembre.