Après avoir vu « Club Kid », concentré de tendresse, on comprend mieux le phénomène
Rarement un premier film n’a autant mis tout le monde d’accord. Club Kid sort en salle ce mercredi 4 novembre. La comédie dramatique, réalisée par Jordan Firstman qui y tient aussi le rôle principal, n’affiche que des critiques très laudatives. Après avoir ri et pleuré à chaudes larmes, on comprend pourquoi.
Dans Club Kid, Jordan Firstman est Peter, gay, trentenaire, new-yorkais et organisateur de soirées. Il dort le jour et vit la nuit. Dans les boîtes où il retrouve chaque soir ses amis, il boit, fume et consomme une immense variété de drogues. Et peu importe que Sophie (Cara Delevingne) son associée, tente de lui dire de ralentir un peu pour préserver leur business. Un matin, Peter découvre sur le pas de sa porte Arlo (Reggie Absolom), un jeune garçon britannique de dix ans. Arlo est le fruit inattendu d’un coup d’un soir que Peter avait oublié. Sa vie bascule.
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Au dernier festival de Cannes où il était en sélection Un certain regard, le film a déclenché une guerre d’enchères quasi inédite, remportée par le prestigieux studio A24. Au festival du cinéma américain de Deauville, le réalisateur a reçu le Grand Prix et le prix du Public. Au festival de Valenciennes, il a reçu une mention spéciale du jury presse. Un tel engouement est plus que légitime, promis.
Un grand huit d’émotions
Club Kid est un condensé de tout ce qu’on aime. Il y a tout d’abord la peinture colorée du monde de la nuit queer underground de New York. Il y est montré dans sa diversité et ses excès, sans aucun jugement. Centrales dans le récit, les soirées en boîte ne sont pas à visée décorative ni là pour choquer, elles servent à faire avancer le protagoniste dans son cheminement intérieur.
Club Kid est aussi un film sur la famille qu’on se choisit. Celle de Peter est éclectique : composée du jeune Nicky qui squatte son canapé, son amie DJ Saffron toujours accompagnée d’une cour de fêtards, sa vieille voisine Evelyn. Lorsqu’arrive Arlo, c’est une autre question qui se pose alors : celle de la famille qu’on ne choisit pas, et d’une paternité qui vient s’imposer.
Jordan Firstman parvient, avec une délicatesse rare et beaucoup d’humour, à raconter une bascule existentielle. S’il tâtonne, s’interroge, doute, et se montre par moments plein de maladresse, en un claquement de doigts presque, Peter devient père. Sa rencontre avec son fils marque une renaissance. Il ne peut plus ne penser qu’à lui, et doit opérer des changements radicaux pour devenir le père responsable qu’il estime devoir être.
Certains le trouveront un peu long, son scénario facile. D’autres lui reprocheront son écriture égocentrique et le traitement invisibilisant de ses personnages féminins. Si Club Kid n’est pas parfait, ce premier long-métrage marque malgré tout la naissance d’un grand réalisateur. Pour ne pas divulgâcher le plaisir pur que représente ce film de 2h, nous n’en dirons pas plus. Préparez-vous cependant à un grand huit d’émotions et à un final qui vous laissera KO, et en sanglots.


