Comme prévu, la chronique de Charles Sapin de ce dimanche matin n’a pas été diffusée sur France Inter
Prévue vers 7h40, la chronique hebdomadaire de Charles Sapin, celle qui a mis le feu aux poudres, n’a pas pu être diffusée ce dimanche matin, pas plus que les autres émissions de la matinale de France Inter. À la place, les auditeurs ont pu écouter de la musique, ponctuée d’un message annonçant une grève.
« En raison d’un appel à la grève déposé par l’ensemble des organisations syndicales représentatives de Radio France demandant le retrait de l’antenne de France Inter d’un édito politique assuré par le directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l’intégralité de nos programmes habituels », prévenait ce message.
En revanche, les programmes matinaux de franceinfo ou France Culture, autres stations du groupe public, ont pu passer. L’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD et Unsa) appelle en outre les auditeurs à un rassemblement dimanche à 14h devant la Maison de la radio à Paris, siège de Radio France.
Transfuge de l’hebdomadaire Le Point, M. Sapin est devenu cet été directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles. Depuis le 30 août, il signe une chronique politique de quelques minutes le dimanche matin sur France Inter, première radio du pays.
Pétition signée par 300 personnalités
Justifié par la direction au nom du pluralisme à l’approche de la présidentielle, ce recrutement a été immédiatement contesté. Dans une motion adoptée le 2 septembre, les personnels ont exprimé leur « refus catégorique », en jugeant Valeurs actuelles « pas compatible » avec le service public. Les syndicats pointent aussi la présence parmi ses actionnaires du milliardaire proche de l’extrême droite Pierre-Edouard Stérin.
Ce magazine, qui se revendique conservateur, a été plusieurs fois condamné en justice, notamment pour avoir dépeint en esclave l’élue LFI noire Danièle Obono en 2020. Il était alors dirigé par Geoffroy Lejeune, passé en 2023 au Journal du dimanche (JDD).
Samedi, dans une tribune publiée par le journal Le Parisien, 300 personnalités ont jugé « révoltant » le recrutement de M. Sapin par France Inter. Parmi elles, nombre de figures culturelles marquées à gauche, dont les comédiennes Julie Gayet, Ariane Ascaride et Corinne Masiero, la chanteuse Lio ou la Prix Nobel de littérature Annie Ernaux.
Interrogée jeudi à l’antenne par la médiatrice de Radio France, la directrice de France Inter, Céline Pigalle, a de nouveau défendu ce recrutement, en jugeant le pluralisme « fondamental » pour une radio publique.



