Les 10 jours qui ont coûté 400 millions d’euros aux finances publiques
Depuis le printemps, l’interrogation revient régulièrement : l’État se remplit-il les poches à mesure que le prix de l’essence (composé majoritairement de taxes) flambe avec la crise au Moyen-Orient ? Alors que de nouvelles aides pour les automobilistes doivent être annoncées ce mardi 22 septembre, de la réponse à cette question découle la marge de manœuvre dont dispose le gouvernement.
« Il n’y a pas de cagnotte », s’est défendu le ministre des Comptes publics David Amiel, en confirmant le chiffre avancé quelques heures plus tôt par les services du Premier ministre. « Les recettes s’établissent à -407 millions d’euros depuis le début de la crise par rapport à la même période l’an dernier. L’État n’a donc profité en rien de l’évolution des prix jusqu’à aujourd’hui », assurait un peu plus tôt Matignon évoquant des chiffres arrêtés au 20 septembre.
Dans le détail, Bercy évoque bien des rentrées de TVA largement supérieures (ce qui fait dire au RN qu’il faut la faire passer de 20 à 5,5 %), de l’ordre de 710 millions d’euros supplémentaires. En revanche, l’accise, une taxe payée par litre (69 centimes pour le gazole et 61 centimes pour l’essence) a connu une baisse considérable : 1,117 milliard d’euros de moins par rapport à 2025. Ce qui explique la baisse globale des recettes de l’État.
La consommation d’essence a baissé de 30 % en 10 jours
D’autant que le gouvernement enregistre une dégradation extrêmement brutale de ces chiffres. Fin août, le solde de rentrées fiscales était encore positif (+9 millions d’euros). Au 10 septembre, il était seulement légèrement négatif (-10 millions d’euros). Cela signifie qu’en dix jours, les finances publiques ont enregistré un manque à gagner (pour ne pas dire qu’elles ont perdu) 397 millions d’euros.
Cette somme colossale s’explique par un autre chiffre : la chute brutale de la consommation de carburant. Selon Bercy, elle a diminué de 30 % sur les dix derniers jours (11-20 septembre), par rapport aux dix premiers jours du mois. Un effet inconstestables des records contastés à la pompe (visibles sur le graphique ci-dessous). Si l’on compare à 2025, la baisse de la consommation sur les 20 premiers jours de septembre, « calculée sur la basse des livraisons aux stations-service », précise Bercy, atteint 19 %.
Par ailleurs, l’entourage de David Amiel précise que le montant des aides (aux gros rouleurs, aux routiers, et aux différentes professions affectées) atteint 1,4 milliard d’euros depuis le déclenchement de la crise au Moyen-Orient à la fin du mois de février. Une facture qui va continuer à grimper ces prochaines semaines. À quelle échelle ? Les annonces faites lors d’une conférence de presse que le gouvernement tient ce mardi en fin d’après-midi permettront de le déterminer ; David Amiel évoque 450 millions d’euros supplémentaires.


