EXCLUSIF – Les Français disent non à cette piste du gouvernement pour le budget
Le débat sur les retraites ne se résume pas à un simple fossé générationnel. À l’approche de l’automne budgétaire, le gouvernement lance ses ballons d’essais pour tenter de trouver une voie de passage pour le budget 2027. Parmi les pistes étudiées, celle d’une désindexation des pensions de retraite sur l’inflation. Un serpent de mer explosif au sein de la classe politique… et de l’opinion publique.
Confirmation avec les résultats du sondage mené par notre partenaire YouGov : 53 % des sondés se disent défavorables à une revalorisation des pensions inférieure à l’inflation. Le refus est net (61 %) pour les plus de 55 ans, catégorie de population directement concernée par le sujet. Mais – dans une moindre mesure – la sous-indexation est aussi rejetée par les 35-54 ans (48 %). La catégorie des 18-34 ans est la plus partagée, avec 46 % de sondés contre et 42 % pour.
Désindexer les retraites pour limiter la dépense publique sans avoir à augmenter les impôts, Sébastien Lecornu n’est pas le premier à y avoir pensé. Ni à le tenter. Ses prédécesseurs à Matignon François Bayrou et Michel Barnier avaient eux aussi mis l’idée sur la table, avant de se prendre une volée de bois vert et d’y renoncer.
Seuls deux camps favorables à une désindexation
Toucher au portefeuille des retraités est toujours très délicat pour les partis politiques, qui misent sur cet électorat fidèle et peu abstentionniste. Alors que 61 % des sympathisants Rassemblement national sondés s’y déclarent défavorables, l’allié du RN Éric Ciotti a fait partie des premiers à monter au créneau pour fustiger la piste du gouvernement. À l’autre bout de l’échiquier politique, le député LFI Éric Coquerel a étrillé une « mesure d’une stupidité rare » poussée pour « ne pas parler des vrais privilégiés et vraies ressources pour augmenter les recettes. » 53 % des sympathisants LFI interrogés partagent cette opinion.
Il n’y a en réalité que deux camps qui soutiennent la piste du gouvernement : les sympathisants du bloc central (Renaissance et Horizons) à 59 % et ceux des Républicains, à 51 %.
Alors que la session parlementaire ne reprendra qu’en octobre, Sébastien Lecornu s’est bien gardé de préciser les contours de sa proposition. Tout juste a-t-il écarté, dans une interview au Parisien à la veille de la rentrée, un gel des plus petites pensions. « Pour le reste, c’est une discussion à avoir avec les différentes formations politiques. Certains préfèrent toucher à l’abattement fiscal de 10 % pour frais professionnels. Il peut y avoir débat entre ces deux approches. (…) Je n’ai rien tranché. Mais je pose le sujet sur la table », a-t-il déclaré. Une diplomatie forcée pour un chef de gouvernement toujours sans majorité et qui a fait de l’adoption d’un budget sa (dernière ?) mission prioritaire à Matignon.
L’enquête a été réalisée sur 1039 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France du 31 août au 03 septembre 2026.


