Politique

« On rentre au travail ! » : Delphine Batho fustige les vacances de Sébastien Lecornu

Pas la saison des vacances. L’ancienne ministre de l’Écologie (2012-2013) Delphine Batho critique les congés du gouvernement à l’heure où une quatrième canicule est en train de s’installer en France, entraînant avec elle son lot de conséquences sur la santé, l’eau ou la biodiversité, après un début d’été déjà dantesque.

« Nous sommes dans une situation d’état d’urgence écologique et agricole très grave. On est dans une situation d’effondrement de l’agriculture, avec des conséquences pour tous les agriculteurs, pour toutes les Françaises et les Français en termes d’inflation du prix des denrées. On a de très graves inquiétudes pour l’eau potable. Et je vous avoue que dans cette situation je ne comprends pas que le Premier ministre et les ministres soient en vacances », a ainsi expliqué la députée des Deux-Sèvres ce lundi 10 août, depuis les studios de RTL.

Sébastien Lecornu, comme bon nombre de ses ministres, ont effectivement quitté les ministères début août. Le locataire de Matignon a repoussé ses congés fin juillet, pour se concentrer sur le front des incendies, mais a finalement rejoint la Normandie il y a quelques jours, selon plusieurs médias. Il doit également se rendre dans le Var, avant de regagner Paris, selon des dates qui n’ont pas été précisées. Il reprendra ses déplacements publics lundi 17 août, justement en Gironde.

« On n’est pas dans un été normal »

Le chef du gouvernement a également fait savoir qu’il partait en congés en restant en contact avec ses équipes et les différents ministres concernés pour gérer les situations de crise, par visio ou téléphone notamment. À l’image de ce que Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique a pu faire, fin juillet, en suivant les incendies depuis sa villa du Var.

Mais pour Delphine Batho, les événements météorologiques, quand bien même ils interviennent en plein mois d’août et pendant la traditionnelle période de congés de la sphère politique (l’Assemblée nationale a fermé ses portes le 21 juillet) commandent une attention particulière. « On est dans une situation extrêmement grave, on n’est pas dans un été normal. Je sais ce que sont les sacrifices personnels que demande la vie politique. Mais quand on est en situation de responsabilité dans la gravité de la situation qu’affronte le pays, on rentre au travail, on ne prend pas de vacances », a encore soufflé celle qui s’est déclaré candidate à la présidentielle.

Sur le fond, l’ancienne ministre (sous François Hollande) estime que le gouvernement ne répond pas à l’urgence, et se borne à des déclarations d’intentions pour les mois ou semaines à venir. Sur l’agriculture « le gouvernement a annoncé le 5 août qu’il annoncerait fin août des mesures assez classiques qui ne sont pas du tout à la hauteur de ce que l’on vit dans les territoires ruraux, où les agricultrices et agriculteurs sont dans la solitude face à une situation catastrophique », a-t-elle déploré, en citant par exemple « la pénurie de fourrage » pour les élevages de chèvres.

Même chose avec la stratégie réclamée par Sébastien Lecornu à Monique Barbut pour l’automne dans l’idée d’adapter la France au réchauffement climatique. « On ne peut pas attendre octobre, chaque jour qui passe compte. Il y a des décisions à prendre sur l’eau potable par exemple, il faut agir maintenant », a encore plaidé Delphine Batho, en déplorant des mesures de sauvegarde « trop tardives » jusqu’à présent. Force est de constater pour l’instant, que les communications ministérielles se font particulièrement rares, sur le plan sanitaire ou l’aspect agricole, en ce début de mois d’août marqué par une nouvelle hausse des températures.