Quelle est cette maladie auto-immune très mortelle à laquelle Prince Waly a succombé ?
Le monde du rap a appris la mort prématurée du rappeur Prince Waly. Cette figure singulière du rap français a été emportée à 34 ans par une maladie dermatologique auto-immune rare, comme l’ont fait savoir ses proches dans un communiqué partagé dimanche 4 octobre.
« Ces dernières années ont été celles d’un combat, mais aussi d’un couronnement. Malgré la maladie, il a continué à créer et à faire vivre sa musique », a salué son entourage sur les réseaux sociaux. Le rappeur, de son vrai nom Moussa Magassa, est mort après huit longues années de lutte contre la maladie, notamment contre un pemphigus paranéoplasique.
Passé par le groupe Big Budha Cheez, Prince Waly avait vu son ascension musicale lourdement freinée par la découverte en 2019 d’un cancer du thymus — une glande essentielle au système immunitaire, située devant la trachée — qui lui avait fait perdre sa voix et l’avait obligé à s’éloigner du micro pendant deux ans.
« J’me lève un matin, plus un son qui sort d’ma bouche. On décide de faire des examens, on approfondit l’truc. Et on m’apprend qu’à seulement 27 ans, qu’j’suis atteint d’un cancer. T’y crois, toi ? J’fais des chimiothérapies, etc. Ça m’a bousillé pendant deux ans. J’suis pas encore tiré d’affaire, mais j’suis sur la bonne voie », expliquait-il dans le morceau Mercy, issu de son premier et unique album, sorti en 2022, qui avait marqué son retour sur scène.
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Une affection qui s’attaque aux muqueuses
En réalité, le rappeur ne s’est jamais défait de la maladie et devait lutter contre un pemphigus paranéoplasique. Comme l’explique le portail Orphanet, créé par l’Inserm et dédié aux maladies rares, il s’agit d’une « forme rare de dermatite bulleuse auto-immune » qui s’attaque à la peau et aux muqueuses, causant de graves lésions.
Selon le site du réseau hospitalier privé Medicover Hospitals, cette maladie est décrite comme « souvent agressive ». Elle se caractérise par « des bulles douloureuses et des érosions de la peau et des muqueuses » souvent associées à des cancers sous-jacents. Parmi les principaux symptômes caractéristiques de cette affection dermatologique, le site évoque « une atteinte sévère des muqueuses. Celle-ci peut inclure des érosions douloureuses et des cloques dans la bouche, la gorge, les yeux et la région génitale ». Les lésions buccales sont particulièrement fréquentes et peuvent même être invalidantes, affectant la capacité du patient à manger et à parler.
Concernant les manifestations cutanées, « elles peuvent inclure des bulles étendues, des plaques érythémateuses (tâches ou zones de la peau plus rouges que la normale) et des érosions ». Toutefois, si plusieurs de ces caractéristiques sont couramment observées, les symptômes peuvent varier considérablement d’un patient à l’autre, indique le site de Medicover Hospitals.
Une maladie mortelle dans 90 % des cas
Comme toute maladie auto-immune, le pemphigus paranéoplasique provoque une réaction du système immunitaire de l’organisme qui s’attaque par erreur à ses propres tissus. « Cette réponse immunitaire erronée est souvent déclenchée par une affection maligne sous-jacente. Les cancers associés les plus courants comprennent le lymphome non hodgkinien, la leucémie lymphoïde chronique et la maladie de Castleman », est-il précisé.
Le pemphigus paranéoplasique étant particulièrement rare, seuls 500 cas ont été recensés dans la littérature médicale selon Orphanet, qui indique que cette affection est fatale dans 90 % des cas. « Le taux de mortalité élevé s’explique par l’apparition d’infections sévères (parfois dues à des médicaments immunosuppresseurs), l’évolution de l’affection maligne sous-jacente ou de la bronchiolite oblitérante liée à la réponse auto-immune », précise le portail scientifique.



