Transport

Wagon-restaurant, sièges, toilettes… Découvrez le nouveau TGV de l’intérieur

Au lendemain d’une journée de grève à la SNCF qui a peu mobilisé, la compagnie ferroviaire était sur le devant de la scène ce vendredi 6 novembre pour une raison plus réjouissante : le tout premier trajet commercial de son nouveau TGV. Celui-ci s’est déroulé dans la matinée, entre Paris et Marseille.

Peu avant 13h, les passagers de ce voyage inaugural ont été accueillis à l’arrivée, gare Saint-Charles, par une haie d’honneur et les applaudissements du personnel de la SNCF, au milieu de la cohue.

« Il est là, il est là ! », a lancé aux journalistes le patron de la SNCF Jean Castex, qui avait fait le voyage. « C’est quelque chose cet accueil ! », a déclaré à l’AFP le conducteur, Daniel Antunes, qui pilote des TGV depuis 12 ans. « C’est un super TGV, un produit exceptionnel, confortable à conduire », a-t-il estimé, avec un large sourire et la voix tremblante.

S’élançant avec ses premiers passagers une semaine après un terrible accident de train en Espagne qui a causé la mort de 69 personnes, le nouveau TGV fabriqué par Alstom ne roulera pas plus vite que les rames les plus récentes en France, soit 320 km/h.

Mais c’est un TGV « plus humain », sobre, économique et « de son temps », avait salué Jean Castex avant le départ de la gare de Lyon, lui qui s’est aussi exprimé pendant le voyage.

Le wagon-restaurant a bien changé

Le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui devait prendre place à bord, a dû se rendre sur les lieux d’un grave accident de bus scolaire dans l’Ain. « C’est un grand jour pour une vraie réussite française », avait-il déclaré avant de s’absenter, félicitant Alstom, pris récemment dans une tourmente boursière, « une grande entreprise qui continue à innover et à progresser et dont on est très fier ».

Ce TGV est le seul dans le monde à circuler à une telle vitesse avec deux étages. Grâce à son nez effilé et un aérodynamisme renforcé, il promet de consommer 20 % de moins d’énergie en accueillant jusqu’à 20 % de passagers supplémentaires.

Les nombreux journalistes présents à bord pour le voyage inaugural de ce vendredi n’ont pas tardé à diffuser des images de l’intérieur des rames, toilettes comprises.

L’un des changements majeurs avec les TGV jusque-là en circulation est à aller chercher en wagon-restaurant. Tout se fait désormais en libre-service sur des étals des deux côtés de la rame, sous la surveillance du barista. Comme au supermarché, on trouve aussi désormais des caisses automatiques pour régler.

Les nouvelles rames remplaceront progressivement, sur 10 ans environ, le parc existant, dont les trains les plus anciens datent des années 1990. Sur les 160 exemplaires commandés par la SNCF pour plus de cinq milliards d’euros, 100 sont destinés au marché français, 15 aux liaisons France-Belgique, 30 au réseau Eurostar et une quinzaine au marché italien où l’entreprise compte se développer.

Sur l’axe Paris-Marseille, il sera en concurrence avec le Frecciarossa (flèche rouge) de l’Italien Trenitalia, construit par Hitachi.

Des sièges plus confortables et un wifi « au meilleur standard »

En 2020, un haut responsable de la SNCF avait espéré qu’il roulerait « pour les Jeux olympiques de Paris en 2024 ». Mais les retards liés à la période du Covid-19 ont rapidement mis cet objectif hors de portée.

Après avoir atteint pour la première fois 320 km/h en septembre 2023, la SNCF et Alstom pariaient ensuite sur une mise en service en 2025, avant de la repousser à 2026 en raison de démêlés techniques et de l’ampleur des tests à valider.

« Ce TGV représente des années de recherche », a expliqué le directeur général d’Alstom Martin Sion vendredi. « Aucun projet industriel ne se construit sans obstacle. »

Le train peut passer de huit à neuf voitures et le nombre de première ou deuxième classes peut varier selon les destinations ou les saisons, élément jugé « stratégique » pour un train appelé à circuler pendant plusieurs décennies.

Côté environnement, le train émet 50 % de CO2 de moins par voyageur que le premier TGV lancé en 1981. Il emploie 25 % de matériaux issus du recyclage et affiche un taux de recyclabilité de 97 %.

Les milliers d’informations analysées en temps réel permettront de réaliser une maintenance prédictive, ce qui raccourcit les temps d’immobilisation et réduit de 30 % les coûts d’entretien. Les passagers en fauteuil roulant peuvent embarquer sans assistance.

Une rame peut transporter jusqu’à 700 personnes, avec la promesse de plus de place pour les jambes, les bagages, plus d’espaces vélos, des sièges plus confortables et un wifi « au meilleur standard », mais toujours dépendant de la couverture des opérateurs mobiles.

Progrès majeur : le TGV est doté d’une batterie de stockage, qui lui permettra de poursuivre sa route jusqu’à la gare la plus proche en cas de rupture de caténaire, lors de tempêtes ou de canicules par exemple.