Après son « rien à foutre » sur le 17 octobre 1961, David Lisnard sommé de s’excuser ou de démissionner
La polémique sur les propos de David Lisnard à propos du massacre du 17 octobre 1961 n’en finit pas de gonfler. Deux jours après avoir affirmé sur LCI n’en avoir « rien à foutre », c’est aujourd’hui le maire de Stains, Azzédine Taïbi, qui réclame des excuses publiques faute de quoi, David Lisnard ne pourra rester à la tête de l’Association des maires de France (AMF).
Dans une lettre ouverte publiée dans l’Humanité ce mercredi 21 octobre, l’élu de Seine-Saint-Denis interpelle directement le maire de Cannes. « La mémoire des victimes du 17 octobre 1961 mérite le respect, pas votre mépris ! », écrit-il, dénonçant par la même des propos « indignes d’un maire de la République ».
Pour Azzédine Taïbi, les responsabilités de David Lisnard à la tête de l’AMF rendent ses déclarations d’autant plus choquantes. Il lui reproche notamment d’invoquer le fait qu’il n’était pas né pour justifier son désintérêt.
« Monsieur Lisnard, depuis quand le fait de ne pas avoir été né au moment d’un crime exonère-t-il du devoir d’en reconnaître l’existence, d’en respecter les victimes et d’en transmettre la mémoire ? Oseriez-vous déclarer, à propos de la rafle du Vélodrome d’Hiver des 16 et 17 juillet 1942 : “Je m’en fous, je n’en ai rien à foutre, je n’étais pas né, j’ai des amis juifs et ils sont passés à autre chose ?” »
La « dignité humaine n’est pas une option politique »
Aux côtés de 61 autres maires de tous bords politiques, le maire de Stains explique avoir initié un appel à une meilleure reconnaissance des massacres du 17 octobre 1961. Les élus demandent notamment leur inscription au calendrier des commémorations nationales ainsi que la poursuite de l’ouverture des archives correspondantes.
« La mémoire n’est pas une affaire de génération. Elle est une affaire de civilisation. Et la dignité humaine n’est pas une option politique : elle est le fondement même de notre République. »
Dans sa lettre, Azzédine Taïbi demande à David Lisnard de retirer ses propos ainsi qu’à présenter publiquement des excuses aux familles de victimes. « Je veux croire, Monsieur Lisnard, qu’au-delà de nos différences politiques, vous saurez retrouver le sens de cette exigence républicaine et la hauteur que commandent vos responsabilités. Sans quoi vous ne pourriez rester Président de l’AMF et je demande publiquement votre démission. »
David Lisnard n’a pour le moment pas réagi à cet appel.



