Politique

La boutique d’Attal est moquée sur les réseaux (et ça convient très bien à son équipe)

La France compte 69 millions d’habitants. Parmi eux, 151 personnes au moins se sont dotées d’une peluche représentant Volta, la chienne de Gabriel Attal, à en croire le décompte fait au HuffPost par l’un des responsables de la boutique mise en ligne par les Jeunes en Marche. Cette peluche se vend pour la modique somme de 19,99 euros sur cette plateforme militante.

À la différence de la paire de chaussettes « ni de droite, ni de gauche » fabriquée en France du côté de Toulouse, la peluche n’est pas en rupture de stock. Et pour cause, la réplique du chow-chow noir de l’ex-Premier ministre est produite en Chine, ce qui limite les problèmes d’approvisionnement. Depuis plusieurs semaines, de nombreux internautes s’amusent des objets à l’effigie de Gabriel Attal mis en vente pour soutenir la candidature (bancale) du patron de Renaissance.

« Une certaine vision de l’enfer »

Sur Reddit, certains utilisateurs raillent une faute d’orthographe apparaissant sur un t-shirt siglé : « j’ai fait un cauchemar, j’étais extrêmiste ». Sur X, d’autres s’amusent des slogans trouvés par les Jeunes en Marche, à l’image de ce t-shirt reprenant un extrait de la déclaration de politique générale de Gabriel Attal, tout juste nommé Premier ministre : « Tu casses, tu répares. Tu salis, tu nettoies. Tu défies l’autorité, on t’apprend à la respecter ». Sur Instagram, le compte Vilain Syndicaliste (affilié à la gauche et comptant près de 100 000 abonnés) voit dans cette boutique en ligne « une certaine vision de l’enfer ».

Au menu de sa publication virale, des captures d’écran des produits mis à la vente, à l’image de ce briquet « pas aussi allumé que les insoumis ». Auprès du HuffPost, Louison Bastien, vice-président des Jeunes en marche et aux manettes de cette boutique en ligne, ne cache pas son enthousiasme. « Au début, on a eu un pic de vente qui était surtout militant, dans les premières heures de lancement. Ensuite, des médias ont parlé de nous, comme le 20 Heures de France 2 ou Quotidien, et on a vu une seconde vague de ventes », explique le jeune attaliste, assurant regarder avec une forme de satisfaction les moqueries qui fleurissent sur les réseaux sociaux.

« On en rigole, et ces reprises permettent de toucher un public plus large que notre seul cercle militant », sourit-il, précisant que « l’idée était de sortir des produits sympas, différents des objets de campagne classiques ». Ce qui, fatalement, pouvait exposer l’entreprise à des moqueries. « Mais si on ne voulait pas de critiques, on serait resté sur des produits convenus », reprend Louison Bastien, assurant avoir été un peu dépassé par les ventes. « En milieu de semaine dernière, on était à 80 000 visites sur la boutique pour un chiffre de 13 000 euros, avec un panier moyen autour de 50 euros. Et on a dû recommander des chaussettes », se félicite-t-il, soulignant que la maison mère, Renaissance, n’a pas exercé de droit de regard, en raison de « l’autonomie » dont jouit la branche jeunesse du parti présidentiel.

Au-delà de son côté « léger », l’initiative raconte également quelque chose de l’attalisme. Aucune référence au bilan d’Emmanuel Macron ou à son héritage politique n’est à signaler. Et la seule organisation politique explicitement désignée comme adversaire est la France insoumise, même si on devine que le slogan « sur le trottoir les fachos » apposé sur un mug ou un tote bag doit concerner le Rassemblement national. Un concentré marketing de la ligne de crête choisie par celui qui peine à faire décoller sa candidature, et à imposer ses envies de primaire à Édouard Philippe. Pas sûr que des t-shirts « Don’t worry, be Gaby » suffisent à remonter la pente.